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Sivens : l’hommage à Rémi Fraisse, « mort pour la Terre »

actualisé le 28/10/2014 à 09h38

Banderole sur les grilles du Palais Rohan en hommage à Rémi Fraisse (Photo Patrick Maupin)

Banderole sur les grilles du Palais Rohan en hommage à Rémi Fraisse (Photo Patrick Maupin)

« Blessé(e)s, mort, et après ? », interroge la banderole déployée sur les grilles de l’Hôtel de Ville. « Au son des grenades un homme tombe. Hommage à Rémi, mort pour la Terre », peut on lire sur une pancarte brandie par un manifestant. 150 à 200 personnes se sont réunies ce lundi place Pey-Berland, à Bordeaux, pour saluer la mémoire de Rémi Fraisse, militant contre le barrage de Sivens (Tarn), décédé ce week-end à la suite d’affrontements violents avec les forces de l’ordre. Elles ont respecté une minute de silence, brandissant le poing et des dessins d’arbres en l’honneur du jeune botaniste.

« Nous étions 7000 à nous opposer pour une grande majorité pacifiquement à ce barrage, nous sommes revenus 6999 car un d’entre nous est mort lors d’un affrontement contre la police sur la zone à défendre, rappelle Adrien Doutreix, membre du collectif ZAD bordelais, initialement constitué contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il ne peut être mort qu’à cause d’une explosion, et il est plus que probable que cela soit à cause des tirs tendus de grenades par les CRS – je suis infirmier de profession, au CHU de Bordeaux, et j’ai soigné au Testet plusieurs personnes blessées à la tête par des flashballs. Je mets au défi quiconque de retrouver des cocktails molotov chez les manifestants, comme certains médias le colportent. »

Si la tristesse et l’indignation habite les militants, ceux qui sont allés plusieurs fois s’opposer au déboisement de la zone humide du Testet ne sont pas surpris par cette tragédie, « inévitable » selon eux.

« Notre boulot est d’essayer d’apaiser tout le monde mais on refuse de nous écouter, estime Bastien Gross, militant écologiste bordelais. Quelqu’un est en grève de la faim depuis 60 jours simplement pour obtenir un entretien  avec Thierry Carcenac, le président (PS) du conseil général du Tarn (à l’origine du projet de barrage). Depuis un mois et demi, on est victimes de violences policières parce qu’il y a des consignes politiques de ne rien céder depuis le départ des écologistes du gouvernement. »

Aujourd’hui, les militants constatent amèrement qu’il a fallu un mort pour intéresser les médias à leur cause – stopper ce « grand projet inutile », un barrage de 8,3 millions d’euros dans une zone naturelle classée, bâti essentiellement afin d’irriguer les champs de maïs d’une quinzaine d’agriculteurs. Et ce alors qu’un rapport d’experts dévoilé ce lundi critiquant sévèrement le projet leur donne raison.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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