Culture 

« Novart » et « Des souris… » courent après Sigma

L'affiche du festival "Des souris, des hommes", dont la dernière édition se tient du 15 au 31 janvier (DR)

L’affiche du festival « Des souris, des hommes », dont la dernière édition se tient du 15 au 31 janvier (DR)

En fusionnant « Novart » et « Des souris, des hommes », Bordeaux Métropole veut créer un festival des arts de la scène, susceptible de retrouver l’aura de Sigma. Sylvie Violan, directrice du Carré-Colonnes, sera en charge de la programmation. Première édition en 2016.

« L’absorption de Bordeaux par Saint-Médard-en-Jalles commence aujourd’hui ! » La boutade est signée Jacques Mangon, lors d’une conférence de presse ce jeudi à l’Hôtel de Métropole. Le maire de Saint-Médard se félicite ainsi de l’union des deux principaux festivals de spectacle vivant de l’agglomération : à partir de 2016, « Novart » (11 éditions dans le rétro) et « Des souris, des hommes » (8 au compteur), ne formeront plus qu’un seul et même événement.

Et ce dernier sera placé sous l’égide de Sylvie Violan, directrice du Carré de Saint-Médard, dont le projet a séduit Alain Juppé :

« La mutualisation se met en place, c’est le moment d’installer un grand festival des arts de la scène dans Bordeaux Métropole, explique son président. Tout le monde connaît la compétence et la légitimité de Sylvie Violan. Elle travaillera en étroite coopération avec Catherine Marnas (directrice du TnBA, candidate malheureuse à l’organisation de l’événement, NDLR), avec un budget et une communication renforcée pour donner à cet événement un rayonnement national et européen. »

Charlie dans toutes les têtes

Au lendemain de l’attaque contre le journal Charlie Hebdo, le drame a naturellement été évoqué lors de l’annonce du futur festival métropolitain. Sylvie Violan a voulu exprimé son « émotion » face à cette atteinte « à la liberté d’expression, à la liberté de création » : « Journalistes, artistes, intellectuels, on est juste des gens qui parlent aux autres, et on se sent tous attaqués. J’espère qu’on pourra garder cet esprit d’audace, de transgression et d’irrévérence. »

Selon Alain Juppé, « tout le monde a bien compris l’enjeu essentiel : c’est notre liberté, de s’exprimer, de caricaturer, et c’est la raison pour laquelle la mobilisation est aussi forte. La culture est la réponse à la barbarie et à l’obscurantisme ».

Concrètement, le futur festival sera, comme « Novart », piloté par l’association Novembre à Bordeaux – même s’il pourrait se dérouler en octobre, pendant les vacances de Toussaint.

Une marge de manœuvre d’un million d’euros

Et il bénéficiera donc d’une « addition des forces » : 390 000 euros de subventions publiques pour « Novart » (dont 300 000 versés par la ville de Bordeaux), plus de 210 000 versés à « Des souris, des hommes ». Si on ajoute les financements privés, cela représente selon Alain Juppé « une marge de manœuvre d’un million d’euros loin d’être négligeable par les temps qui courent ».

La visibilité n’est pas seulement financière puisque le maire de Bordeaux confirme la périodicité annuelle de l’événement.

« On a désormais la chance d’avoir cette certitude, et donc de pouvoir bosser avec un an d’avance sur le festival, ce qui a été dur à gérer ces dernières années », se réjouit Eric Limouzin, président de Novembre à Bordeaux.

Ce dernier a salué au passage Henri Marquier, coordinateur culturel bénévole de « Novart », qui cède donc son fauteuil à Sylvie Violan.

Attirer des noms prestigieux

« Très fière » d’en avoir désormais la charge, la directrice du Carré-Colonnes souligne les « nombreuses complémentarités et ressemblances » entre les deux festivals, tous deux portés sur la création contemporaine, la pluridisciplinarité et l’ouverture de la programmation à de nombreuses scènes de l’agglomération (Le Cuvier d’Artigues, La Manufacture Atlantique, l’Espace Treulon à Bruges…).

« Bordeaux Métropole est une grande capitale européenne, il nous faudra s’inscrire dans les grandes tournées d’automnes pour accueillir des noms prestigieux et donner une visibilité forte à nos talents régionaux. »

Ce que « Novart », et avant lui « Sigma« , ont permis à des artistes comme Renaud Cojo ou Hamid Ben Mahi, rappelle Alain Juppé.

En travaillant sur l’image et le prestige des affiches qui seront proposées, mais aussi en rendant le festival plus festif, avec des évènements toute la journée, l’ambition sera d’attirer davantage le public – en 2014, « Novart » a réuni 19 000 personnes, et « Des souris, des hommes » 5000. Une fréquentation en hausse, mais loin des 60 000 spectateurs de Sigma lors de son âge d’or, en 1975.

2015 sera toutefois une année 0 pour le futur festival, dont le nom n’est pas encore arrêté. Les dernières éditions de « Novart » et « Des souris, des hommes » auront lieu. Ce dernier démarre d’ailleurs dès la semaine prochaine, le 15 janvier, et jusqu’au 31.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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