Sport 

Le nouveau stade de Bordeaux pend la crémaillère

Entrée du ruban devant les joueurs des Girondins (SB/Rue89 Bordeaux)

Entrée du ruban devant les joueurs des Girondins (SB/Rue89 Bordeaux)

Le nouveau stade de Bordeaux a été inauguré ce lundi, en attendant le premier match des Girondins, samedi prochain contre Montpellier (complet).

« Ainsi parlait Zarathoustra » a été jouée la première sur la pelouse du nouveau stade de Bordeaux. L’œuvre de Richard Strauss, bien sûr, pas le texte  de Nietzsche, même si ce dernier fait un honnête N°10 dans l’équipe des philosophes allemands, chez les Monty Python’s.

L’orchestre de l’Opéra national de Bordeaux a ainsi eu l’honneur d’inaugurer ce lundi l’enceinte des Girondins, en présence de ces derniers, ainsi que des rugbymen de l’Union Bordeaux-Bègles, qui y joueront trois matchs de Top 14. 2000 invités triés sur le volet (mais pas de supporters), ont pris place dans la tribune présidentielle pour  cette cérémonie officielle.

Thierry Braillard, secrétaire d’État aux sports, et Alain Juppé coupent le ruban (SB/Rue89 Bordeaux)

Thierry Braillard, secrétaire d’État aux sports, et Alain Juppé coupent le ruban (SB/Rue89 Bordeaux)

De la musique, des discours, suivis de champagne et de petits fours : pour le sport, il faudra attendre samedi prochain, 23 mai, et la venue de Montpellier, à l’occasion de la dernière journée de Ligue 1. Les Bordelais – du moins ceux qui ont pu obtenir des places, car de nombreux ouvriers ayant participé au chantier, des jeunes du quartier, et des VIP sont invités – pourront alors découvrir ce nouvel écrin de 42000 places, dont le projet a été lancé en 2008 par Alain Juppé.

« L’idée a germé pour la première fois dans la tête d’Alain Rousset (le président de la région Aquitaine), reconnait le maire de Bordeaux. C’était en 2008, pendant la campagne pour les municipales, et et comme l’idée venait de lui, je l’avais trouvée mauvaise. Puis j’ai réfléchi, et ce n’était pas une si mauvaise idée que cela, dans la perspective de l’Euro 2016, de doter la ville d’un grand stade moderne ».

Avec 2000 invités pour 42000 places, le stade a sonné un peu creux (SB/Rue89 Bordeaux)

Avec 2000 invités pour 42000 places, le stade a sonné un peu creux (SB/Rue89 Bordeaux)

« 15 à 20% de spectateurs en plus »

Son coût de 183 millions d’euros, avancés en grande partie par les Girondins, en fait d’après Alain Juppé le nouveau stade bâti pour l’Euro le moins cher de France, même si le coût final du partenariat public-privé fait encore débat.

Adieu donc à Lescure, « stade obsolète qui ne répondait plus aux exigences d’accueil » du public selon Alain Juppé. Et bonjour à ce nouveau stade, toujours dépourvu de nom (ce n’est pas faute de propositions venues de Rue89 Bordeaux), mais dont le maire vante le « geste architecturale », et le nouveau « lieu de convivialité » pour les Bordelais.

« C’est un stade lumineux, aéré, se réjouit Jean-Louis Triaud, président du Football Club des Girondins de Bordeaux. A qualité de jeu égale, on fera grâce à cet équipement une fréquentation de 15% à 20% supérieure. A Chaban, sur 32000 places il y en a 18000 sous la pluie, cela n’incitait pas les gens à venir assister à des matchs en hiver. »

Nicolas de Tavernot ne connait pas d’Indiens

Si les grands airs de musique classique n’ont (Dieu merci) pas été suivis de l’hymne de la Ligue des Champions. Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6, actionnaire majoritaire des Girondins, s’est en revanche promis de le faire prochainement résonner dans les travées.

La saison prochaine, le club bordelais devrait se contenter de l’Europa League – si toutefois le PSG bat Auxerre en finale de la coupe de France. Le FCGB aura-t-il les moyens de bien figurer dans cette compétition et en L1 ? Ses dirigeants ont lundi balayé les rumeurs annonçant le retour de Gourcuff dans l’effectif, comme celle d’un investisseur indien, Mehul Thakur, qui aurait proposé 50 millions d’euros pour racheter le club.

« Je ne connais pas d’Indiens, a déclaré Nicolas de Tavernost. Nous nous sentons de plus en plus bordelais. Nous avons toujours dit que si jamais des partenaires voulaient s’investir aux Girondins, nous discuterions. »

« Bonnes poires »

Jean-Claude Fayat, président du groupe éponyme bâtisseur et exploitant du stade avec Vinci au sein de leur filiale commune Stade Bordeaux Atlantique, a lui célébré le choix visionnaire des architectes Herzog et de Meuron : « Une structure entièrement métallique qui donne sa légèreté et son caractère unique », malgré un poids total de 12300 tonnes, soit « deux fois la Tour Eiffel ».

Le bâtiment fait en effet l’unanimité, à l’intérieur du moins, car à l’extérieur, les écologistes sont venus devant le nouveau stade pour arroser et baptiser (du nom de Rebellis Pyrus) leur poirier. L’arbre symbolise leur « désaccord sur la destruction de plus de 6 hectares classés zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique ».

Et il est selon eux emblématique des « bonnes poires que sont les contribuables bordelais », qui devront payer un total de 125 millions d’euros (17 millions d’euros puis 3,6 millions de loyer annuel pendant 30 ans) pour « seulement 35 jours de divertissement par an ».

Le championnat de foot fini, le prochain grand évènement du stade, ce sera les demi-finales du Top 14 de rugby, les 5 et 6 juin, à guichet fermé. Des journées portes ouvertes auront ensuite lieu les 20 et 21 juin.

Les écolos bordelais arrosent leur poirier (SB/Rue89 Bordeaux)

Les écolos bordelais arrosent leur poirier (SB/Rue89 Bordeaux)

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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