Politique 

Bordeaux Métropole « mobilisée pour accueillir les réfugiés »

Alain Juppé, le 7 septembre 2015 (SB/Rue89 Bordeaux)

Alain Juppé, le 7 septembre 2015 (SB/Rue89 Bordeaux)

Alain Juppé a indiqué ce lundi que Bordeaux Métropole et les communes qui la composent sont « disponibles et mobilisées » pour accueillir les réfugiés fuyant les pays en guerre, en particulier la Syrie, annonçant notamment la création d’un numéro téléphonique pour centraliser les propositions citoyennes d’hébergement.

« Nous partageons tous une profonde émotion devant le drame qui se déroule aujourd’hui aux frontières de l’Europe », a déclaré le maire de Bordeaux lors de sa conférence de presse de rentrée, saluant « le formidable élan de solidarité qui s’est déclenché de façon admirable partout en Allemagne, mais aussi en France« .

« Acceptable »

Le maire de Bordeaux signale qu’un point va être fait sur les possibilités d’accueil des publics fragiles (réfugiés, migrants, SDF), signalant que les résultats du groupe de travail chargé par la métropole de détecter de nouvelles capacités d’hébergement sont restées pour l’instant « modestes » – 1250 places dans l’ex CUB, dont 300 en CADA (centre d’accueil de demandeurs d’asile), concentrées dans 11 communes, majoritairement à Bordeaux.

« Il faut augmenter notre capacité d’accueil mais il appartient à l’Etat de définir les besoins et les effectifs », poursuit Alain Juppé, qui juge « modéré et acceptable » le chiffre de 24000 réfugiés sur deux ans accueillis en France, avancé ce lundi par le président de la République, François Hollande.

Une numéro pour héberger les réfugiés

L’ancien Premier ministre annonce qu’une rencontre sur la répartition de l’effort d’hébergement entre les communes aura lieu mercredi à Paris. Jean Touzeau, maire de Lormont et vice-président de Bordeaux Métropole en charge de l’habitat, coordonnera ces relations entre l’Etat et les collectivités locales, ainsi que les initiatives émanant des familles.

La métropole va en effet centraliser les propositions d’hébergement spontanément faites par les citoyens : un numéro dédié du centre communal d’action sociale, le 0800625885, est mis en place.

« Le temps d’examiner la validité de ces demandes », précise le maire de Bordeaux, rappelant que cette procédure, et donc l’hébergement des réfugiés, peut durer plusieurs mois.

Pot de l’amitié

Alain Juppé rappelle que les collectivités locales viennent d’ouvrir deux sites d’accueil, l’un à Caudéran et l’autre à Pessac : le premier dans un immeuble de l’État, héberge pour des séjours de courte durée une dizaine de familles de réfugiés dont les demandes d’asile ont été acceptées. Le second doit recevoir les 57 demandeurs d’asile recensées au début de l’été dans le squat des Sahraouis, sur la rive droite – il sera géré par Emmaüs.
Le maire de Bordeaux ne s’inquiète pas de l’acceptabilité par les riverains :

« A Caudéran, la première réaction n’était pas enthousiaste mais Pierre Lothaire (le maire adjoint du quartier bordelais) a eu la bonne idée d’organiser un pot et la fraternité s’est faite après une simple rencontre. »

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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