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Le tour de la Cité du Vin en 12 degrés

La Cité du Vin de Bordeaux (SB/Rue89 Bordeaux)

La Cité du Vin de Bordeaux (SB/Rue89 Bordeaux)

Du vin, du cash et du vin : voici 12 chiffres et trucs à savoir sur la Cité du Vin, à moins de 100 jours de son inauguration par François Hollande, le 31 mai prochain à Bordeaux.

1 – 100 jours avant l’ouverture

« Site de loisir culturel », nouvelle attraction touristique et centre de promotion du patrimoine viticole, la Cité du Vin sera inaugurée le 31 mai par François Hollande, pour une ouverture au grand public en juin. Le bâtiment, en cours de finition à Bacalan, devrait être livré fin mars.

2- Une forme de cep ou de godasse ?

Une godasse, comme l’appellent les Bacalanais ? Une carafe ? Un foie surplombé d’un morceau d’intestin ? Les comparaisons fleurissent pour désigner l’édifice érigé des bords de Garonne, dont l’enveloppe extérieure est terminée. Elles résument parfois l’intérêt ou le dédain pour l’architecture de la Cité du Vin, imaginée par l’agence parisienne XTU.

Si l’on se réfère au dossier de presse, « Anouk Legendre et Nicolas Desmazières ont imaginé un lieu empreint de symboles identitaires : cep noueux de la vigne, vin qui tourne dans le verre, remous de la Garonne, l’architecture évoque l’âme du vin et l’élément liquide ».

Les reflets dorés de la façade en panneaux de verre et d’aluminium, sont censés évoquer les pierres blondes des façades bordelaises. Sa flèche culmine à 55 mètres, avec un belvédère au 8e étage, à 35 mètres, où il sera possible de déguster un verre tout en profitant de la vue.

L’intérieur du bâtiment fait lui 13 350 m2, dont près de 4000 dévolus aux expositions.

3- 450000 visiteurs attendus chaque année

Future étape incontournable des sightseeing tour du port de la Lune, le « Guggenheim bordelais » pourra compter en 2017 sur la LGV, qui le mettra à deux heures de Paris. Il compte attirer 450000 visiteurs par an, et dépasser à terme les 500000, soit une bonne partie des 6 millions de touristes qui passent par la ville…

4 – 20 euros l’entrée plein pot

… du moins si ces derniers ne sont pas refroidis par le prix du billet : 20 euros plein tarif (le détail des entrées réduites n’est pas encore connu). C’est deux fois plus que pour voir, au hasard, l’expo Warhol et les collections du musée Guggenheim de Bilbao. Mais c’est « un tarif standard au niveau européen par rapport à la taille du site et au temps passé par le visiteur », plaide Philippe Massol, le directeur de la Cité.

Et le prix comprend également une dégustation de vin. A titres de comparaison, l’entrée du musée du Louvre s’élève à 15 euros, celle du Futuroscope à 43 euros. Avec Joconde ou Lapins crétins, mais sans pinard.

5 – Un ponton entre eau et vin

Une partie du public va pouvoir arriver directement à la Cité du Vin depuis le fleuve, grâce au ponton en cours d’installation sur la Garonne – il sera constitué de deux éléments de 45 mètres et 75 tonnes chacun. Construit par l’entreprise CESM, de Saint-Loubès, il sera relié à la terre par une passerelle de 30 mètres de long, posée ce mercredi.

S’il en coûte 1,7 millions d’euros à la ville, le ponton Cité du Vin, le 5e construit à Bordeaux depuis 2011, doit faciliter l’insertion du site bordelais dans les tours des croisiéristes, et le relier au vignoble. Environ 80000 passagers des croisières maritimes ou fluviales font chaque année escale à Bordeaux.

La pose de la passerelle devant la Cité du Vin (SB/Rue89 Bordeaux)

La pose de la passerelle devant la Cité du Vin (SB/Rue89 Bordeaux)

6 – La planète du vin en 20 étapes

Et que pourra voir le public ? La scénographie, conçue par l’agence britannique Casson Mann, promet un parcours « à travers le temps et l’espace à la découverte des civilisations du vin », en 20 étapes et 3000 m2 d’exposition permanente.

Cela commence par un « tour du monde des vignobles », grâce à une projection sur trois écrans géants et au sol, et se termine par « Boire et déboires », sur « la complexité et l’ambivalence de la relation entre l’homme et le vin – partage joyeux ou alcoolisme –, révélée au travers d’œuvres d’art, musicales, littéraires et cinématographiques.

Entre temps, le visiteur sera passé par les « E-vignes » – 18 tablettes tactiles sur la culture des vignes, placées dans des structures en bois en forme de ceps de vigne –, dans 6 bouteilles géantes, chacune dédiée à une grande famille de vin, et dans un bateau de 50 places « pour une traversée des mers emblématique, de galères en gabares », avec les marchands de vins de l’Histoire. Sans oublier « la grande saga de Bordeaux », montrant comment « un grand port de commerce est né une terre de vins mythiques ».

Pour le module « Les Métamorphoses du vin », les étapes de la vinifications (vendange, fermentation, élevage, vieillissement…), seront présentées dans des structures en inox, bois ou résine, réalisées par des entreprises et artistes locaux, dont le sculpteur Laurent Maero.

7 – De la techno à gogo

La Cité du Vin promet « un parcours ludique, spectaculaire et sensoriel, technologique, innovant », faisant « appel à des technologies numériques et interactives (images 3D, décors, diffusion d’odeurs…) et à l’intervention d’un médiateur novateur : le compagnon de visite ». Il s’agit en fait d’un audioguide amélioré, en 8 langues, conçu par la société allemande Tonwelt.

Un des modules de l'exposition permanente (Casson Mann /Cité du Vin)

Un des modules de l’exposition permanente (Casson Mann /Cité du Vin)

8 – Deux expositions temporaires par an

Un espace de 720 m2 accueillera deux expositions artistiques temporaires par an. Produites par la Cité du Vin, mais conçues par un commissaire invité, elles se tiendront pendant trois mois environ. Le programme des premières expositions sera dévoilé lors d’une conférence de presse le 31 mars à Paris.

9 – Trois espaces de dégustation, trois de restauration

Des ateliers thématiques pour adultes (assemblage, accords mets et vins…) seront proposés dans trois espaces différents, tandis que des ateliers pédagogiques destinés au jeune public se pencheront plutôt sur « le goût, les arômes, les techniques, les paysages, les patrimoines, les arts et
la création »…

Et il sera bien sûr possible de consommer, sur place ou à emporter : un restaurant, « Le 7 », occupera le 7e étage, et sera géré par Nicolas Lascombes (La Brasserie Bordelaise) ; sous le nom de « Latitude 20 », un ensemble comportant un snack, un bar et une cave à vins, sera quant à lui dirigé par le groupe Arom.

10 – Un coût de 81 millions d’euros

Entre la billetterie, les boutiques, les loyers d’exploitants, le mécénat… la Cité du Vin espère boucler un budget annuel de fonctionnement de 12 millions d’euros, sans recourir aux subventions publiques.

Cela vaudrait mieux, car la mairie de Bordeaux, maître d’œuvre du projet, a déjà manifesté son agacement face au dérapage de 17% du devis initial : l’investissement de la Ville est en effet passé de 13 à 31,1 millions d’euros, pour un coût global de 81,1 millions d’euros, financé à 81% par des fonds publics – 38% par la Villle de Bordeaux, 15% par l’Europe via le Feder, et 10% par Bordeaux Métropole, notamment.

La facture de cet équipement est régulièrement critiquée par l’opposition de gauche au conseil municipal. Dernier épisode en date, le calculateur « A quoi servent vos impôts locaux », créé par le socialiste Matthieu Rouveyre, indiquait par exemple que pour 100 euros versés à la collectivité, 3,83 vont à la Cité du Vin, contre 1,02 au logement et 10,14 aux écoles, par exemple.

11 – 40 millions de retombées et 250 emplois

Les promoteurs du projet font valoir les retombées économiques pour la ville, estimées à 40 millions d’euros par an (en nuitées, restauration, etc.). Ils citent également les 250 emplois directs créés par la Cité du Vin, dont certains sont encore à pourvoir.

12 – Deux pilotes dans l’avion

Et au fait, qui dirige la Cité du Vin ? La Fondation pour la culture et les civilisations du vin, reconnue d’utilité publique en 2014, dont les trois membres fondateurs sont le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), le Crédit Agricole et la Ville de Bordeaux. Cette dernière est maître d’ouvrage et propriétaire de la Cité du Vin, qu’elle met à disposition de la Fondation.

Créée en 2009, l’association de préfiguration était présidée par Sylvie Cazes, propriétaire de plusieurs châteaux en Gironde, et alors élue (UMP) de Bordeaux, en charge de la valorisation de la filière viticole et de l’œnotourisme. Elle est aussi – déjà – dirigée par Philippe Massol, alors ex directeur opérationnel du Futuroscope de Poitiers, récemment arrivé à Bordeaux.

Avant même de savoir si le centre bordelais va réussir son pari, la Bourgogne suit l’exemple girondin : une Cité des Vins de 4000 m2 est prévue à Beaune en 2017.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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