Economie  Sport 

Euro 2016 : quel impact pour les Bordelais ?

actualisé le 19/04/2016 à 19h11

Entrée du stade Matmut Atlantique (WS/Rue89 Bordeaux)

Une des entrées du stade Matmut Atlantique (WS/Rue89 Bordeaux)

A 50 jours du premier match de l’Euro 2016, Bordeaux, l’une des villes hôtes du championnat, se prépare. Pendant un mois, l’évènement va chambouler la vie des Bordelais. Le dispositif complet a été présenté ce lundi.

126 millions d’euros de retombées économiques

Selon une étude du Centre de droit et d’économie du sport de Limoges, 126 millions d’euros de retombées économique devraient concerner la ville de Bordeaux. Il faut dire qu’avec cinq matchs au Matmut Atlantique, dont un quart de finale, la ville va attirer des dizaines de milliers de spectateurs.

« Malgré les dépenses, c’est une opération plus que positive pour l’économie de la ville c’est certain », s’est félicité Alain Juppé ce lundi lors d’une conférence de presse.

La compétition devrait profiter aux restaurateurs, aux hôteliers et aux bars tout au long du mois de juin. Supporters et visiteurs pourraient débourser directement 88 millions d’euros. Afin de faire respecter une concurrence loyale, Alain Juppé a demandé aux applications d’hébergement, notamment Airbnb, de payer une taxe de séjour. La démarche fait suite à l‘appel à boycotter la taxe à séjour pendant l’Euro 2016 lancée par les hôteliers.

Autre retombée positive : l’emploi. En effet, l’événement devrait permettre plus de 3500 heures d’insertion professionnelle.

Sécurité renforcée et bataille avec l’UEFA

Alain Juppé

Malgré la menace terroriste qui pèse en France, l’Euro 2016 est maintenu et la vie continue selon Alain Juppé.

Le coût de la sécurité concernant l’Euro 2016 a également été revu à la hausse suite à la forte menace terroriste en France. En effet, il faudra débourser 1 million d’euros supplémentaires pour sécuriser la fan zone installée place des Quinconces, et qui accueillera plus de 60 000 personnes.

Son coût initial s’élevait déjà à 2 millions d’euros, s’attirant des critiques de l’opposition municipale. Les dispositifs sécuritaires seront renforcés, entre autre : mise en place de portiques, détecteurs de métaux, palpation, dépôt de sac etc. Des caméras de vidéo surveillance seront également installées et seront financées à 80% par l’état.

Conscient du climat de peur qui règne depuis les attentats, le maire de Bordeaux n’a cependant jamais envisagé annuler l’événement :

« C’est un souhait assumé de maintenir cet événement malgré la menace terroriste, la vie continue et la joie aussi, le climat, je l’espère, sera sportif, détendu et participatif même si nous préparons une vigilance extrême », a t-il ajouté.

Le président de Bordeaux Métropole espère ainsi contenir les supporters aux Quinconces, et limiter les risques de débordement ailleurs en ville. Il a demandé pour cela une participation supplémentaire à l’UEFA de l’ordre d’un million d’euros :

« Nous aurons la réponse le 27 avril, soyons optimiste, j’ai bon espoir. Mais c’est vrai que  les négociations avec l’UEFA sont loin d’être faciles. Il a fallu négocier rudement sur l’organisation commerciale par exemple. L’UEFA voulait un monopole sur toutes les recettes de la fan zone, mais nous avons obtenu que des entreprises locales puissent s’y installer », a t-il déclaré.

La ville de Bordeaux, ainsi que les autres villes hôtes de la compétition, soudées, ont également déjà réussi à obtenir 20 millions d’euros pour le projet Héritage, soit 2 millions d’euros par ville. Une somme qui devra permettre la réalisation d’équipements de proximité.

Circulation limitée et « walk zone »

La mobilité est également « le grand soucis » de la métropole bordelaise selon Alain Juppé. Pour se préparer au mieux à l’afflux de monde, un renfort de l’offre de transport en commun desservira la fan zone mais également le Matmut Atlantique.

Des navettes seront mises en place au niveau de la cité du vin jusqu’au stade. Le pont Jacques-Chaban-Delmas sera quant à lui fermé à la circulation les jours de match pour privilégier l’accès piéton et encourager les voitures à se garer rive droite pour ne pas engorger le centre ville.

Pour les piétons, une « walk zone » sera également aménagée de la place des Quinconces jusqu’à la cité du vin. Des zones de parking seront installées à proximité des lignes de tramway. Enfin, la circulation sera entièrement fermée sur un périmètre d’un kilomètre autour du stade afin de permettre une plus grande fluidité des transports en commun.

Une fête de la musique décentralisée

Entre le 11 juin et le 2 juillet donc, la ville de Bordeaux accueillera 5 matchs, 51 retransmissions de matchs en direct sur écran géant mais aussi beaucoup d’animations autour de l’Euro 2016. Mais ce grand événement n’est pas le seul à cette période de l’année et tombe en même temps que la Fête du Vin et la Fête de la musique (le 21 juin, même jour que le match opposant la Croatie à l’Espagne).

Mais cela n’influera en rien sur la qualité des différentes prestations assure Arielle Piazza, adjointe au maire en charge des sports :

« La fête de la musique sera organisée plus à l’extérieur (du centre ville, sans plus de précision, NDLR) pour bénéficier d’un périmètre assez large mais elle sera aussi importante que les autres années, tout comme la dixième édition de la Fête du Vin. L’idée est donc de mélanger tous ces publics et c’est vraiment une bonne chose. »

La ville promet en tous cas un mois de juin mouvementé…

Agenda

  • Entre le 11 juin et le 2 juillet 2016, Bordeaux accueille 5 matchs de
    l’Euro 2016 dont un quart de finale :
    – samedi 11 juin 2016 à 18h00 Galles – Slovaquie (Groupe B)
    – mardi 14 juin 2016 à 18h00 Autriche – Hongrie (Groupe F)
    – samedi 18 juin 2016 à 15h00 Belgique – République d’Irlande (Groupe E)
    – mardi 21 juin 2016 à 21h00 Croatie – Espagne (Groupe D)
    – samedi 2 juillet 2016 à 21h00 : quart de finale
  • Le 21 juin 2016 : Fête de la Musique
  • Du 21 au 26 juin 2016 : Bordeaux fête le vin
  • Le Trophée UEFA Euro 2016 poursuit sa tournée en France et sera à Bordeaux vendredi 22 avril puis à bord du train UEFA Euro 2016 en gare de Libourne samedi 23 et dimanche 24 avril.
L'AUTEUR
Jorina Poirot
Jorina Poirot
Journaliste en formation à l'Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine
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