Société 

Le collectif du Sherby délogé de son squat à Blanquefort

actualisé le 05/10/2016 à 23h21

L'évacuation du spot du collectif (DR)

L’évacuation du spot du collectif (DR)

La préfecture a fait évacuer ce mardi matin le squat établi par le collectif du Sherby dans l’ancien lycée agricole de Blanquefort, propriété du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. 6 familles et plusieurs personnes seules résidaient dans ce bâtiment, sous la menace d’une expulsion depuis un jugement du 29 octobre 2015 par le tribunal administratif de Bordeaux.

Selon la préfecture de Gironde, l’ancien lycée était « occupé de manière illégale par 26 personnes d’origine française, albanaise, bulgare et serbe, dont certains défavorablement connus des services de police ».

Elle indique que l’opération « s’est déroulée ce matin sans incident » – ce que confirme le collectif du Sherby –, « en présence des représentants de l’office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), de la direction départementale de la cohésion sociale et de plusieurs interprètes. Les occupants ont pu récupérer leurs affaires personnelles avant de quitter les lieux, les autres biens étant entreposés dans un lieu qui leur sera accessible. Une solution d’hébergement temporaire leur a été proposée ».

15 jeunes à la rue

Les services de l’Etat précisent également qu’ « une attention particulière a été portée aux familles ayant des enfants scolarisés ». Pour Shirley, du collectif du Sherby, 3 enfants sont en effet inscrits à l’école de Blanquefort, mais leurs familles se seraient vues proposer des solutions d’hébergement dans un foyer d’hébergement au Bouscat, ou à l’hôtel. L’une d’entre elles aurait refusé.

« Ce soir (mardi) nous avons 15 personnes de moins de 25 ans à la rue, alors que nous proposions une solution alternative de logement, poursuit Shirley. Il faut savoir que le 115 n’arrive pas à loger des familles, alors comment héberger des jeunes sans-abris qui n’ont jamais trouvé de solution pérenne ? »

Les militants du collectif s’inquiètent également du sort de Christina, mère d’origine albanaise, et de sa fille de 3 ans, Ajla, dont les demandes d’asile ont été refusées et pour lesquelles le Sherby a lancé une pétition, qui a recueilli 1250 signatures.

Alors que le lieu était squatté depuis presque une année, pourquoi l’évacuer aujourd’hui ? Pour la région, « les plaintes des riverains commençaient à se multiplier, les conditions d’occupations devenant déplorables et sources de nuisances ».

« On ne dérangeait personne, on développait les lieux et les gens du coin commençaient à nous connaître, déplore au contraire Shirley, du collectif du Sherby. Un réseau d’entraide s’était constitué, et tout a été détruit, alors qu’il n’y a aucun projet pour ce lieu, classé par le PLU (plan local d’urbanisme) en terre agricole. »

D’après la région Nouvelle-Aquitaine, le bâtiment a été mis en vente, « mais l’occupation du site n’a pas permis d’effectuer des visites de potentiels investisseurs, et donc de garantir sa revente ».

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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