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Carambolage politique sur la rocade de Bordeaux

actualisé le 06/10/2016 à 00h09

L'échangeur 12 de la rocade (Capture d'écran/a'urba)

L’échangeur 12 de la rocade (Capture d’écran/a’urba/e.toile prod)

Jean-Luc Gleyze voulait lancer « un pavé dans la mare » a-t-il déclaré sur France Bleu Gironde. Pour les éclaboussures, le président socialiste du conseil départemental est servi. La demande faite à ses services d’étudier une mise en sens unique de la rocade de Bordeaux a autant surpris que l’expérimentation annoncée d’un revenu de base, mais elle a aussitôt été raillée par les élus de la Métropole.

L’élu écologiste de Mérignac Gérard Chausset, président de la commission Transport à Bordeaux Métropole, a dégainé le premier :

« Le président du conseil départemental est candidat au concours Lépine des mauvaises idées. (…) Ce débat est devenu surréaliste, alors que 300 millions d’euros sont investis sur la rocade, alors que toutes les études disent que la congestion est liée au trafic local, l’urgence est de proposer des solutions alternatives à la voiture sur le moyen et long terme. »

« Solution du passé »

Alain Juppé a pour sa part moqué une « solution du passé qui n’aurait d’autre conséquence que de transformer la rocade en un gigantesque rond-point, de compliquer les déplacements des usagers qui auraient alors tendance à s’orienter vers les voies intérieures et d’augmenter les temps de parcours. »

Le maire de Bordeaux a rappelé au département qu’il empiétait ainsi sur les platebandes de l’État, gestionnaire de l’infrastructure, et de la Métropole, qui finance la moitié de sa mise en 2×3 voies.

Prônant « une vision des déplacements sur l’ensemble du département », le président de Bordeaux Métropole signale qu’il attend toujours les réponses  des présidents du Conseil départemental et du Conseil régional quant à la création d’un syndicat mixte transports, qui permettrait de fédérer TBM, les TER et les bus TransGironde.

« Pour rappel il faut près d’une heure 30 en TransGironde pour aller à Blaye, il n’y a ni liaison express ni retour tardif, faire déjà ça ce serait un grand progrès », a d’ailleurs perfidement noté Gérard Chausset…

Une idée qui a des rides

Côté suggestions, Alain Juppé en a profité, lui, pour renouveler son souhait d’étudier la « réalisation de barreaux permettant de relier les autoroutes arrivant sur Bordeaux et de délester ainsi la rocade du trafic international », autrement dit un grand contournement.

La proposition d’une telle étude a été adressée par lettre au Président de la République, selon le maire de Bordeaux.

Un autre vœu pieu pour plaire à l’électorat pro-voiture ? Un tour à l’exposition de l’a’urba au Hangar G2 montre clairement que les véhicules qui ne font que passer sur la rocade représentent… 8% du trafic. 64% des déplacements se font inter-métropole et 28% en provenance ou à destination de celle-ci.

Cette idée de contournement a quelques rides puisqu’elle est proposée depuis les années 80 par Philippe Madrelle, ex-président PS du conseil départemental de Gironde. Mais le toujours sénateur y croit d’ailleurs toujours et tente de la remettre sur les voies.

Son successeur, Jean-Luc Gleyze, évoque dans Sud Ouest d’autres idées comme une autoroute ferroviaire pour enlever les poids lourds de la rocade. Gérard Chausset veut lui un « TER/RER périurbain sur le département » et une circulation améliorée pour les vélos au cœur de l’agglomération. Finalement, l’idée de sens unique, jugée par beaucoup insensée, a provoqué un embouteillage de propositions.

L'AUTEUR
Xavier Ridon
Xavier Ridon
Rémois, devenu journaliste à Tours, installé à Bordeaux. Bref, file vers le Sud avec un micro et un stylo.
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