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La Fabzone a-t-elle un pète au casque ?

Successeur de la « voiture qui tombe » en tant que QG du festival des arts de Bordeaux (FAB), la Fabzone était attendue au tournant. Hélas, le grain de folie s’est perdu espace Saint Rémi.

En donnant à Chahuts les clés du marché Victor Hugo, désaffecté, Novart avait, pour sa dernière édition, créé un must incontournable. Duels de DJ, coiffeurs branchés, karaokés, bons plans pour boire et manger… il se passait toujours quelque chose à la « voiture qui tombe », fédérant festivaliers et oiseaux de nuit bordelais, en manque de tels espaces pour danser gratos, et sur de la musique de qualité.

Mais voilà, pour des raisons d’économies, le FAB a changé de prestataire,  laissant tomber quelques semaines avant le festival l’association Chahuts, dont le budget (non communiqué) de son projet d’animations équivalait à celui d’une création de spectacle, au profit de l’agence évènementielle Côte Ouest.

« Je n’avais pas les moyens de faire un projet artistique pour le QG, justifie Sylvie Violan, directrice du FAB. Pour cette première édition du festival le but était de faire une vraie programmation très cohérente, et j’ai mis des moyens là dessus, notamment sur le focus sur la création du Moyen-Orient. »

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’en changeant aussi de lieu, le QG a perdu son grain de folie. Certes, le cadre de l’ancienne église Saint-Rémi est majestueux, mais son aménagement aussi froid que celui d’un club branchouille ou qu’une loge VIP.

A la Fabzone, il y a de la place pour danser (SB/Rue89 Bordeaux)

A la Fabzone, il y a de la place pour danser (SB/Rue89 Bordeaux)

Et s’il y a toujours une battle de disc-jockeys, que les danseurs arbitrent en choisissant une piste ou l’autre sur leur casque, leurs play-lists distillait samedi soir pour l’une essentiellement de l’électro, pour l’autre pas mal de rock tendance cold wave, avec un soupçon de rap et de chansons. Bref, manquant un peu d’éclectisme, mais bon, les DJ changent tous les soirs – du mercredi au samedi, jusqu’au 21 octobre, selon une prog échafaudée par Thibault Perceval, co-fondateur du collectif TPLT.

La friche, c’est chic

En tous cas, comme la musique est directement envoyée dans les oreilles, l’espace Saint-Rémi, à moitié vide, sonnait particulièrement creux samedi dernier, alors qu’il fallait se battre pour pouvoir rentrer et avoir un casque à la Voiture qui tombe, et que celle-ci pouvait accueillir 200 personnes de plus.

Chez Côte Ouest, on fait valoir que la rue Jouannet est beaucoup moins passante que le cour Victor Hugo, et on regrette que l’espace Saint Rémi n’accueille pas aussi la billetterie, ce qui en ferait un lieu permanent et incontournable du festival.

Sylvie Violan veut croire que le bouche à oreille finira par fonctionner. Mais elle prend déjà date pour réinvestir en 2017 une friche urbaine, avec un vrai projet artistique. La directrice du Carré-Colonnes souligne par ailleurs les efforts menés  pour aiguiller davantage les fêtards vers le festival :  à la « voiture qui tombe », il était impossible de savoir quels étaient les spectacles en cours, tandis que la Fabzone propose un Fabzine, dépliant présentant les rendez-vous de la semaine.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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