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Une baisse sévère des subventions municipales cible Arc-en-rêve

La ville de Bordeaux veut revoir la subvention accordée au centre d’architecture Arc-en-rêve. En 2017, une réduction de 15% est annoncée et, en 2018, une autre est attendue. Ce qui revient à « signer notre arrêt de mort » s’inquiète sa directrice, Francine Fort.

Coup dur pour Arc-en-rêve ! Le centre d’architecture bordelais créé en 1981 va voir sa subvention municipale baisser drastiquement en 2017.

Après une première baisse de 8,27% en 2015 et une baisse de 5% en 2016, cette année la subvention de la Ville va chuter de plus 15%, ce qui ramène son montant à 640 888€ en 2017 contre 800 000€ en 2014.

La subvention de la Métropole va, elle aussi, continuer à baisser pour atteindre 428 688€ en 2017 contre 500 000€ en 2014. Ce qui représente une réduction annuelle de 5% depuis trois ans.

Ainsi, depuis 2015, Arc-en-rêve a vu le total de ses subventions baisser de 230 424€.

« S’ils veulent la disparition d’Arc-en-rêve, ils ne feraient pas autrement », fustige Francine Fort qui dit être « sous le choc ». « Cette décision qui tombe sans prévenir est un signe d’hostilité manifeste. »

Un effort demandé à toutes les associations

La directrice d’Arc-en-rêve n’en revient pas d’ « apprendre la nouvelle une heure avant » le conseil municipal du 30 janvier dernier lors duquel, et en réponse à l’intervention de l’élu socialiste Vincent Feltesse sur cette question, Alain Juppé avait déclaré :

« A Arc-en-rêve, il y a beaucoup beaucoup beaucoup d’argent à l’ombre si je puis dire, ce qui justifie que la Ville ajuste sa subvention, c’est de bonne gestion. »

Dans la foulée, Elisabeth Touton a tenu à rappeler :

« Arc-en-rêve est une association financée à plus de 80% par des fonds publics. Il est normal qu’elle participe aussi à l’effort demandé à toutes nos associations. Mais au-delà de ça, je voulais dire qu’une AMO (assistance à maîtrise d’ouvrage, NDLR) a été missionnée par la direction de contrôle de gestion de la métropole et celle-ci a constaté sur l’exercice 2015 un montant de trésorerie de 909 129 €, soit 6 mois de charges courantes, […] et un solde positif de 30 000€ en 2016. »

L’adjointe au maire en charge de l’urbanisme opérationnel, de l’habitat et des déplacements, reconnaît que, en 2016, « il y a eu une grosse année avec l’exposition constellation.s ». Cependant, Arc-en-rêve aura à s’expliquer avec cette AMO sur le fonctionnement de sa trésorerie. Cette assistance avait été demandée pour revoir l’ensemble des comptes des associations financées par la Ville afin de réévaluer les subventions.

« Il n’y a pas de bas de laine »

« Sous entendre qu’on fait du gras sur le fric de la mairie nous blesse, réplique Francine Fort. En effet, en 2015, arc-en-rêve a eu beaucoup de trésorerie. L’exposition Constellation.s a été gérée sur deux exercices. Cette manière de faire a été discutée avec les services de la mairie, on ne l’a pas fait dans notre coin. Il y a eu des fonds dédiés de 250000€. C’est totalement transparent, il n’y a pas de bas de laine. »

La directrice d’Arc-en-rêve, qui admet que « l’argent public est rare », tient à rappeler que son équipe « ne s’endort pas » :

« On fonctionne avec 40% de budget incertain alors on se bouge pour aller chercher des partenaires. 30% de notre financement est obtenu sur la dynamique de nos projets et de nos partenariats avec des structures privées ou parapubliques. Alain Juppé avait même reconnu que notre modèle économique était vertueux. »

Elle ajoute par ailleurs que les employés de sa structure « ne sont pas municipaux » et que les entrées ne génèrent pas de recette. Sur ce dernier point, la mairie affirme qu’un forfait de 13 500€ sur les entrées de 2015 a été versé à l’association et qu’un autre de 20 000€ est prévu pour 2016.

Les conclusions de l’assistance à maîtrise d’ouvrage ne sont pas définitives, mais celle-ci préconiserait « une baisse de l’ordre de 125 000€ » sur la subvention municipale allouée à Arc-en-rêve. Ce qui laisse penser que, après une réduction de 15% annoncée pour 2017 équivalant à 81 362€, une autre réduction du même acabit est à prévoir pour l’année 2018.

L'AUTEUR
Walid Salem
Walid Salem
Co-fondateur de Rue89 Bordeaux et directeur de la publication
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