Economie 

Ford Blanquefort : déçus par leur direction, les ouvriers claquent la porte

A l’occasion de la venue de la direction de Ford Europe, les ouvriers et cadres ont débrayé ce jeudi sur le site de Blanquefort. Mais si l’appel à la mobilisation a été une réussite, les réunions avec les syndicats ou les élus ont un goût d’inachevé.

« C’était un beau débrayage. L’usine n’a pas tourné pendant 2 heures. »

Le secrétaire CGT du CE de Ford, Gilles Lambersend préfère commencer par les bonnes nouvelles, car sinon la réunion avec la direction a été selon lui « catastrophique ».

Les salariés de Ford sortent déçus d’une journée où plus de 150 d’entre-eux – sur 930 – ont débrayé en masse mais n’ont pas été entendu par la direction de Ford Europe, venue à leur rencontre. Le mouvement social a commencé depuis un mois dans l’usine de Blanquefort avec la même crainte pour les ouvriers et les cadres : que le site soit contraint de fermer d’ici 2018.

Faibles investissements

Ce n’est pas cette réunion qui va les rassurer car les annonces ont été maigres :

« Ils ont commencé par nous dire que le plan n’avait pas changé en particulier sur la [boite de vitesse] 6F15 dont ils évoquent toujours la venue. Un baratin, toujours… On leur a demandé s’ils n’avaient que ça à nous proposer. Ils ont répondu qu’ils étudiaient la possibilité de prolonger la 6F35. Et ils n’ont pas été capables de dire combien cela représente d’emploi. »

Pourquoi cette amertume ? Parce que la 6f15 a vu son volume de production réduit et Ford a déjà annoncé que la production de cette boîte disparaîtrait en 2019. Le reste des productions (double-embrayage, carter Fox) baisse en chute libre. En plus, l’investissement de la direction n’a pas bougé sur le site : 50 millions d’euros. Un montant « très faible » note le compte-rendu de la CGT qui le compare « aux 2 milliards qui ont été investis en Chine. »

« C’est le même plan qui nous avait été présenté en mai 2016 » soupire le syndicaliste.

Agacés, les syndicats ouvriers (CGT, FO, CFTC) ont quitté la réunion laissant autour de la table uniquement la direction et la CFE-CGC, pourtant à l’origine de ce mouvement.

Revoir sa copie

Dans l’après-midi, la direction de Ford Europe rencontrait également le préfet Pierre Dartout et les élus locaux – Alain Rousset (région Nouvelle-Aquitaine), Alain Juppé (Bordeaux Métropole, la députée Pascale Got et la vice-présidente du Conseil départemental, Christine Bost :

« Nos inquiétudes n’ont pas été levées nous indique la maire de Blanquefort, Véronique Ferreira, présente également. On ne nous a rien appris et quand on posait des questions pour avoir des précisions nous n’avons jamais eu de réponses. »

L’intersyndicale doit se réunir demain matin pour décider de la suite du mouvement. Trois rendez-vous de taille sont déjà pris. Mardi 14 février, l’intersyndicale sera reçue au ministère de l’industrie. Les élus comptent sur la rencontre qui aura lieu le 22 février entre le ministère de l’économie et la direction de Ford Europe. Le comité de suivi, attendu depuis décembre, se tiendra le 9 mars.

Gilles Lambersend veut maintenir la pression avec ses collègues :

« Ils ont encore un peu de temps pour revoir leur copie. »

L'AUTEUR
Xavier Ridon
Xavier Ridon
Rémois, devenu journaliste à Tours, installé à Bordeaux. Bref, file vers le Sud avec un micro et un stylo.
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