Politique 

Affaire Fillon : Alain Juppé, recours toujours

actualisé le 03/03/2017 à 13h39

Depuis l’annonce par François Fillon de sa convocation par les juges d’instruction en vue d’une mise en examen, et le maintien de sa candidature, le candidat de la droite enregistre une multiplication des défections dans son camp, dont celles des proches d’Alain Juppé. Le maire de Bordeaux ne s’est pas exprimé, mais il est au centre de toutes les sollicitations : plusieurs élus lui ont donné leur parrainage pour la présidentielle.

Dans une tribune parue ce jeudi en fin de journée, 21 élus Les Républicains et UDI, maires de villes grandes et moyennes, issus de toutes les sensibilités de droite, demandent « solennellement le retrait de François Fillon en cas de mise en examen », préalable indispensable posé par Alain Juppé à sa candidature.

« Les Français, que nous rencontrons quotidiennement dans nos mandats de proximité, (…) adhèrent à nos idées, mais ils ne valident plus ces pratiques d’un autre âge. Les Français exigent de la transparence et le respect de la parole donnée. »

S’ils n’évoquent pas dans ce texte le remplacement de François Fillon par le maire de Bordeaux, certains de ses signataires se sont prononcés en ce sens. Mieux, Franck Riester, député-maire de Coulommiers, a donné son parrainage à Alain Juppé.

C’est le député sarkozyste Georges Fenech qui a appelé solennellement à la candidature d’Alain Juppé, et incité les élus à « faire parvenir […] au Conseil constitutionnel leur parrainage en faveur de la candidature d’Alain Juppé, seul homme d’État et d’expérience en capacité d’éviter les dangers du populisme et de l’aventure ».

Les parrains

Répondant à l’appel Franck Riester, l’ex porte-parole de Bruno Le Maire (premier à lâcher François Fillon mercredi), a été imité par  d’autres maires LR, comme Marie-Claude Jarrot (Montceau-les-Mines) et Franck Raynal. « Nous devons reprendre le chemin de l’espoir », écrit sur sa page Facebook le maire de Pessac, qui dans Sud Ouest se disait jeudi « très attaché à la parole donnée et très choqué qu’elle ne soit pas respectée concernant la mise en examen ».

Le Conseil constitutionnel rend régulièrement publique une liste mise à jour des parrainages. La première divulguée mercredi n’en comportait aucun au nom du maire de Bordeaux, sa réactualisation ce vendredi donnera une première tendance sur le mouvement en faveur d’Alain Juppé.

Même si une personnalité ne s’est pas déclarée officiellement, ou a renoncé – la liste du Conseil Constitutionnel en comporte un pour Yannick Jadot, par exemple -, ces parrainages sont valides. Si Alain Juppé en rassemble 500 à son nom, il ne sera toutefois pas investi candidat à la présidentielle malgré lui ; il devra envoyer avant le 17 mars son consentement à être candidat, ainsi qu’une déclaration de patrimoine. Tant qu’il est éligible et vivant (le Conseil a déjà reçu des parrainages pour Coluche ou De Gaulle après leurs décès), tout va bien…

Et l’édile bordelais ? Joint par Rue89 Bordeaux et l’ensemble de la presse, il ne dit pour l’instant mot. Après avoir refusé d’être le plan B, Libé croit savoir qu’il « se tient prêt ». Les juppéistes du premier cercle, qui avaient rallié l’équipe de François Fillon – Gilles Boyer comme trésorier et Benoist Apparu comme porte-parole, notamment -, se sont ce jeudi retirés de la campagne du vainqueur de la primaire. Pour préparer le match retour ? Malgré la pression croissante pour qu’il lâche la barre, François Fillon va être dur à décramponner.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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