Brèves 

Ford Blanquefort : « Les pouvoirs publics constatent que ça baratine à fond »

Tout ça pour ça. Après plus de 2 heures de réunion, Gilles Lambersend a la mine des mauvais jours. Le secrétaire du CE de Ford Blanquefort lance à la trentaine d’ouvriers de soutiens encore présents devant la préfecture à l’occasion de cette journée usine morte :

« Malheureusement, je n’ai rien à vous dire. »

A part les réponses « nulles et bidons » de la direction sur l’avenir du site historique girondin et de ses 930 salariés. L’entreprise prendra sa décision en mai et pour l’heure évoque l’arrivée possible de la boîte de vitesse 6f15 au côtés de l’actuelle et en fin de vie 6f35. Jean- Luc Gassies ose un bon mot :

« On est au point mort. Ford maintien son refus d’engagement. »

Gilles Lambersend, secrétaire CGT du CE de Ford Blanquefort (XR/Rue89 Bordeaux)

L’usine bénéficie de trois autres activités (double embrayage, carter, traitement technique) qui s’arrêteront en 2019 selon la direction. Une « incohérence » selon Jean-Luc Gassies alors que tous les éléments en sa possession lui indique une fin d’activités imminente.

Brumeux

« Assurer la sécurité du candidat »

En sortant du comité de suivi, Philippe Poutou jette un regard sur les camions de gendarmes présents autour du rassemblement des salariés et s’amuse : « le préfet m’a assuré que c’était pour la sécurité du candidat. »

L’ouvrier peut bien en rire puisque la veille il a été contrôlé et fouillé à l’entrée de manifestations pour la justice et la dignité (et contre les violences policières) à Paris. L’instant a été immortalisé par un journaliste sur Twitter ironisant : « Qui imagine Fillon, Le Pen, Hamon ou Macron fouillé ainsi ? »

(Twitter/@Hugogousserand)

Les syndicats CGT, CFTC, FO et CFE-CFC n’étaient pas seuls face à leur direction puisque préfet et élus locaux étaient présents.

« Les pouvoirs publics constatent que ça baratine à fond », renchérit le CGT Gilles Lambersend.

Son collègue Philippe Poutou note la méfiance envers la direction qu’a affirmé Alain Juppé, assisté par Virginie Calmels malgré ses récents propos sur les syndicats français de la boite. Dans un communiqué de presse autant diplomatique que brumeux, le préfet note aussi que « plusieurs interrogations n’ont pas pu être levées ».

Faute de mieux, un groupe de travail est mis en place pour « rechercher des pistes d’améliorations de la compétitivité du site en vue de l’obtention de nouveaux produits ». Un second « abordera » la diversification de l’usine vers le serpent de mer de l’électrification des véhicules. Pas de quoi enflammer les foules.

La candidat NPA à la présidentielle va tenter de « convaincre les collègues » de continuer la mobilisation jusqu’en juin et le prochain comité de suivi. Philippe Poutou a dû modifier son agenda : la durée de la réunion l’a retenu à Bordeaux et il n’a pas pu finalement participer au débat sur le média Explicite qui réunissait lundi soir une partie des candidats non-retenus par TF1.

L'AUTEUR
Xavier Ridon
Xavier Ridon
Rémois, devenu journaliste à Tours, installé à Bordeaux. Bref, file vers le Sud avec un micro et un stylo.
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