Brèves 

Quand le plombier polonais s’invite à l’usine Ford Blanquefort

Le conseil de Bordeaux métropole s’est électrisé ce vendredi matin à propos de l’usine Ford de Blanquefort. Les propos de Virginie Calmels sur les « contraintes syndicales » égratignent l’unité du conseil selon les communistes.

Alors que le comité de suivi de l’usine Ford Banquefort se tiendra ce lundi, les propos de Virginie Calmels sur les syndicats français ont à nouveau été critiqué. S’adressant à Sud ouest le 13 mars dernier, l’élue assurait que la direction de Ford avait « besoin de sécurité, de confiance » pour que l’usine acquiert la production de nouvelles boites de vitesses et s’en prend au rapport de force à la française :

« Si les contraintes syndicales sont plus importantes localement qu’en Pologne, cela n’est pas de nature à les rassurer. Je ne remets pas en cause le rôle des syndicats. Mais, il faut être dans quelque chose de constructif face à un opérateur international. »

Des propos qui ont « choqué » l’élu métropolitain et ancien maire PS de Blanquefort, Vincent Feltesse. Il accuse l’ancienne patronne d’Endemol de ressortir « le plombier polonais » et d’affirmer d’ores et déjà « que le combat est perdu » pour sauver le site girondin. Dans la même veine, les communistes s’étaient déjà prononcés par voie de communiqué :

« Très active dans la campagne de François Fillon, on comprend que Mme Calmels puise son inspiration dans un pays plusieurs fois montré du doigt pour avoir mis au pas la justice… On lui rappelle qu’avec 686 euros brut, le salaire médian polonais est assez éloigné du salaire d’un assistant parlementaire de la droite française. »

Lors du conseil, L’élu PCF Jacques Padie embraye et en profite pour accuser la direction de Ford de s’être « dérober de rendre des comptes ». Invoquant les grèves à Air France, elle avait annulé le précédent comité bien qu’elle soit présente à Bordeaux.

Dites-le avec des fleurs

En réponse, Virginie Calmels brandit sa prise de position pour réintégrer un salarié de la Monnaie de Paris mais insiste :

« On ne peut pas se substituer à la stratégie des entreprises. »

Ce qui pourrait s’apparenter à un désaveu du pouvoir politique créé la stupéfaction du communiste Max Guichard :

« Vous n’êtes pas à la hauteur des enjeux et dangers qui nous guettent sur cette entreprise comme sur d’autres. A travers vos propos, vous avez donné un mépris de l’organisation syndicale – ce n’est pas la Pologne qui me choque. Les salariés de Ford l’ont pris en pleine figure. Le plus grave c’est que vous avez porté atteinte à notre unité. Nous avons réussi une chose extraordinaire ici sur Ford, comme sur d’autres secteurs, à avoir une action unie entre élus toutes divergences mises de côté. »

Alain Juppé défend son bras droit et rapporte l’anecdote que les dirigeants se sont dits « choqués » que les organisations syndicales ouvrières quittent une réunion. CGT, CFTC et Force Ouvrière avaient en effet ainsi exprimer leur déception. Pour se faire pardonner, un syndicaliste nous confiait – amusé – qu’ils hésitaient à accueillir la direction avec des fleurs.

Blague à part, les trois syndicats ouvriers appellent à un rassemblement au pied de la préfecture ce lundi à 13h30 pendant que se déroulera le comité de suivi entre élus, préfets, direction et syndicats.

L'AUTEUR
Xavier Ridon
Xavier Ridon
Rémois, devenu journaliste à Tours, installé à Bordeaux. Bref, file vers le Sud avec un micro et un stylo.
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