Ecologie  Economie 

Agriculture : Bordeaux Métropole cherche jeunes pousses

Bordeaux Métropole vient de reconduire ses partenariats avec la Chambre d’agriculture de la Gironde et la Safer (société d’aménagement foncier et d’établissement rural) Aquitaine Atlantique. Objectifs : installer de nouveaux agriculteurs dans l’agglomération.

Avec 5800 hectares et plus de 1000 emplois directs, l’agriculture n’occupe pas la part du lion de l’économie bordelaise. Mais le secteur est loin d’être anodin, surtout pour les enjeux qui en découlent – production d’une alimentation locale de qualité, protection des espaces naturels…

« Nous souhaitons développer ces activités sur notre territoire, elles correspondent à ce qu’attendent nos concitoyens, se fournir auprès de circuits courts et pouvoir identifier l’origine de ce qu’ils mangent », déclare Alain Juppé ce lundi à l’hôtel de Bordeaux Métropole.

A l’occasion du renouvellement d’un partenariat avec la Chambre d’agriculture de la Gironde et la Safer (société d’aménagement foncier et d’établissement rural), le maire de Bordeaux et président de l’intercommunalité évoque même à nouveau référence à l’ambition de la ville d’Albi : l’autosuffisance alimentaire.

Un objectif « pipeau », selon le site d’info Reporterre, et qui pour Bordeaux risquerait de l’être tout autant : avec 24h d’autonomie, la métropole girondine est très loin du but.  Car comme Rue89 Bordeaux l’expliquait dans cette enquête (provisoirement en accès libre), les paysans sont plutôt une espèce en voie de disparition dans l’agglomération.

Et si l’explosion des circuits courts offre quelques garanties de débouchés à de jeunes agriculteurs, encore leur faudrait-il pouvoir s’installer, trouver des terres à des prix abordables et/ou des anciens disposés à passer le témoin.

Veille sur les terres

La convention avec la Safer vise précisément à améliorer la veille sur les ventes de terrain dans les 28 communes de la métropole, à permettre la mise en réserve foncière naturelle et agricole, à prospecter des terres, ou encore à assurer leur gestion temporaire ou durable. Les marges de manœuvre existent, assure Pierre Pouget, directeur de la Safer Aquitaine :

« Le délaissement des terres agricoles est dû à 50% à l’artificialisation, et à 50% à la déprise. Il est important que ces milliers d’hectares de terres ne deviennent pas des friches et la possibilité d’occupation précaire donne de la souplesse à la collectivité, à l’exploitant et au propriétaire. Or la Safer reçoit chaque année 8000 notifications de protocole de vente en Gironde, cela permet une expertise fine. »

Et le lancement de nouveaux projets, sur 80 hectares à Parempuyre, ou encore 27 ha de maraîchage à Mérignac. Pour ce terrain qui accueillera par ailleurs un centre équestre ayant fait polémique (la taille de ce dernier a été réduite de 10 ha), la Safer a reçu 20 candidatures d’aspirants maraîchers.

Pour soustraire des terres à la spéculation immobilière, Alain Juppé a par ailleurs indiqué que le nouvel établissement public foncier (EPF) de la région Nouvelle Aquitaine disposerait chaque année de 15 à 20 millions d’euros pour ses emplettes.

Les implications financières du partenariat conclu avec la Chambre d’agriculture sont bien plus modestes – 25000 euros pour la métropole. Elles doivent permettre à la collectivité de s’appuyer sur l’expertise des services de la Chambre sur des volets techniques plus précis.

« Il faut des outils si nous voulons développer l’agriculture périurbaine, explique Bernard Artigue, président de la Chambre girondine. Quid de la proximité si faute d’abattoirs pour les volailles les éleveurs doivent aller en Dordogne ou dans le Lot-et-Garonne pour les abattre ? Pour le maraîchage, on a besoin de terrains dédiés, mais aussi de pouvoir accompagner les jeunes qui s’installent pour qu’ils en soient pas livrés à eux mêmes. Il nous faut également des techniciens pour aider les viticulteurs dans leur démarche de moins traiter les vignes avec des produits phytosanitaires. »

Car dans l’esprit des élus comme de la plupart des néo-paysans et des citoyens, l’agriculture urbaine sera verte ou ne sera pas.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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