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Dossier #13 : La Garonne épuise-t-elle ses ressources ?

Déambuler à la fête du fleuve, qui se déroule jusqu’au 4 juin sur les quais à Bordeaux, c’est la garantie d’en apprendre davantage sur une marque de pansements, sponsor de la Solitaire du Figaro, que sur la Garonne elle-même.

Entre deux feux d’artifice et trois concerts, entre les « containers de l’aventure », retraçant notamment l’ « épopée » des chasseurs basques de baleine, et les stands d’étapes touristiques au village, des carrelets au phare de Cordouan, rien ou presque sur les enjeux liés à l’environnement.

« Il est regrettable, remarque Ecolo Bordeaux Blog, que (…), dans le programme de Bordeaux fête le fleuve,  pas une seule animation ou même un simple rappel ne soit prévu  pour évoquer la fragilité des fleuves et des océans, pour sensibiliser les Bordelais à l’urgence écologique. (…) Une simple évocation de la problématique environnementale par des associations engagées dans la préservation de la ressource en eau, la protection de la flore, de la faune, des zones humides ou de la préservation des océans aurait été utile et salutaire. »

Le blog souligne au passage que contrairement à la traversée de Bordeaux à la nage, aucune compensation carbone, ni même bilan CO2 n’ait été prévu par l’organisateur, Bordeaux Grands Evenements, pour un festival qui a tout de même attiré 520000 visiteurs lors de sa dernière édition.

Scénario catastrophe

Voila un bien mauvais point, alors que la Garonne va être sévèrement impactée par le réchauffement planétaire. Si celui-ci entraîne une élévation du niveau des mers, qui pourrait mettre Lesparre sur les rives de l’estuaire, il devrait provoquer une réduction de moitié du débit du fleuve, et donc une augmentation de la pollution, des maladies et des problèmes d’accès à l’eau potable.

Scénario catastrophe ? Non, au fil de l’eau, selon plusieurs enquêtes scientifiques menées depuis 2013. Pour Rue89 Bordeaux, la journaliste Aline Chambras s’est projetée en 2050, explorant les conséquences pour le fleuve de notre inaction – car une vigoureuse action politique se fait encore attendre.

L’une d’entre elles pourrait consister à limiter les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports, en (re)faisant de la Garonne une route pour les marchandises, et une source de richesses. Un récent rapport de Voies navigables de France (VNF) a démontré son potentiel. Mais est-ce bien crédible ? Xavier Ridon a enquêté.

Vent en poupe

Aujourd’hui, ce sont surtout les bateaux de croisière qui ont le vent en poupe. Leur accueil constitue, avec les aménagements des quais de Paludate ou de la rive droite, l’essentiel des projets actuels sur la Garonne à Bordeaux.

Il est vrai que la demande des croisiéristes existe, alors que les transporteurs de marchandise privilégient les camions, moins chers. Bordeaux affirme cependant donner la priorité à toutes les formes de navigation, au détriment d’autres projets plus ou moins farfelus qui auraient pu, et peuvent encore, voir le jour sur la Garonne.

Entre uchronie et anticipation, Walid Salem raconte l’histoire de ces idées, longtemps associées aux transports (tunnel, pont transbordeur, canal maritime, base d’hydravion…), aujourd’hui davantage tournées vers les loisirs (hôtel ou piscine flottante).

Ces projets datent parfois du siècle des Lumières, une époque où l’on s’attachait davantage à penser le changement qu’à changer les pansements.

L'AUTEUR
La Rédaction
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Les informations auxquelles participent plusieurs journalistes de l'équipe.
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