Politique 

Législatives à Bordeaux : Les Républicains tentent de prendre la roue En Marche

actualisé le 09/06/2017 à 12h49

Après la nomination d’un juppéiste à Matignon, la droite bordelaise a-t-elle une chance de tirer les marrons du feu aux législatives ? La poussée de La République en marche pourrait compromettre ses rêves d’alternance et de conquête locale.

Un midi ensoleillé au Jardin public. Ce 30 mai, le candidat Les Républicains (LR) dans la 1ère circonscription de la Gironde, Nicolas Florian, présente son programme et son outil de campagne : un vélo-triporteur destiné à sillonner le terrain, des Chartrons au Bouscat, de Caudéran à Bacalan.

Si son équipe tente bien d’en plaisanter – « Nous, on n’est pas en marche, mais en selle ! » -,  l’atmosphère n’est pourtant pas au beau fixe dans les rangs LR. « On sent que les gens sont un peu paumés et ont le désir que le pays se relève », euphémise Nicolas Florian.

« Chez les sympathisants LR, même les fillonistes pur sucre vont voter République En Marche (LRM) pour donner une majorité à Macron », s’inquiète-t-on en off dans le staff des candidats locaux.

Aussi, ce jour là à Bordeaux, Alain Juppé venu rappeler son soutien à son adjoint aux finances, cogne (un peu) sur LRM :

« La République en Marche est un parti unique et sans doctrine. Le renouvellement et la fin du clivage gauche-droite, c’est bien, mais ça ne fait pas un programme. »

Ni blocage ni chèque en blanc

Par ailleurs, le maire de Bordeaux liste quelques « convergences » de son parti avec LRM « sur l’éducation et la nouvelle Europe », et des « divergences sur la fiscalité ». Argentier de la Ville, Nicolas Florian redoute notamment la suppression de la taxe d’habitation, levée par les communes :

« Même si elle est financièrement compensée, à chaque fois qu’on supprime de l’autonomie fiscale, la dynamique est perdue ».

S’il est élu à l’Assemblée nationale, il fera toutefois sienne la ligne juppéiste : « Ni blocage absolu, ni chèque en blanc ». Et pour cause, poursuit l’adjoint au maire de Bordeaux. :

« Le programme de Macron, c’est presque le programme de Juppé, et Edouard Philippe est un ami » – le Premier ministre était en effet porte-parole d’Alain Juppé pendant la primaire.

D’ailleurs, le maire de Bordeaux apporte son soutien à une de ses fidèles, Aurore Bergé, candidate LRM dans les Yvelines, ralliée à Emmanuel Macron après la défaite à la primaire de la droite d’Alain Juppé, et opposée à un candidat investi par LR (le très tradi Jean-Frédéric Poisson).

Raz de marée

D’un autre côté, Nicolas Florian s’étonne que La République en Marche ait investi des candidats face à des proches du maire de Bordeaux, comme Gilles Boyer, « épargnant surtout les amis de Bruno Le Maire »… Vous suivez toujours ?

« Nos électeurs ne comprennent pas trop, résume Anne Walryck, candidate LR dans la 2e circonscription de Gironde, et vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge du développement durable. Ils ont manifesté un désir de changement, de renouvellement, dont acte, il y aura certainement beaucoup de députés macronistes. Je pense cependant que les Bordelais apprécient d’avoir une candidate qui connaît les dossiers de son territoire et a quelques connaissances sur l’environnement, un sujet qui n’est ni à droite ni à gauche. Je suis une pragmatique qui compte mettre au service de l’intérêt général son expérience professionnelle et d’élue de terrain aux côtés d’Alain Juppé. »

Anne Walryck ne se risquait toutefois pas à un pronostic, dans un scrutin inédit qui voit s’affronter 18 candidats à Bordeaux centre. Jusqu’à ce qu’un sondage publié ce jeudi donne la candidate LR en troisième position avec 15%, loin derrière Catherine Fabre (LRM), et dans un mouchoir de poche derrière Aude Darchy (France insoumise) et devant Michèle Delaunay. L’adjointe d’Alain Juppé veut encore y croire :

« Il va y avoir un sursaut car à force de nous annoncer un raz de marée, les gens ne vont pas avoir envie d’un parti unique, un peu contraire à l’esprit de démocratie et de pluralisme. »

A Bordeaux, Les Républicains se sont ainsi inspirés du discours, mais aussi des méthodes d’En Marche !. Nicolas Florian annonce ainsi qu’il créera « une plateforme numérique pour pouvoir échanger avec les électeurs avant chaque projet de loi ou loi de programmation ». Et être ainsi « ouvert et constructif », dans la majorité ou à ses côtés…

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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