Brèves 

Le tribunal administratif plombe la LGV Bordeaux-Toulouse

actualisé le 30/06/2017 à 12h11

Voila un jugement qui tombe bien mal pour les thuriféraires du chemin de fer à grande vitesse : le tribunal administratif de Bordeaux a annulé la déclaration d’utilité publique (DUP) d’un tronçon du projet de ligne Bordeaux-Toulouse, deux jours avant le lancement officiel de la LGV Paris-Bordeaux.

La juridiction était saisie par des collectifs d’associations et d’élus de Gironde et du Lot-et-Garonne opposés aux projets de LGV vers Toulouse et Dax, ainsi que par la Communauté de communes des Côteaux et Landes de Gascogne. Sa décision porte sur un tronçon de la LGV entre la gare de Bordeaux-Saint-Jean à Saint-Médard-d’Eyrans, à quinze kilomètres au sud – une partie commune aux deux lignes du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO).

A de nouvelles lignes LGV, les opposants préfèrent une modernisation des lignes déjà existantes. Ils ont fondé leur recours sur l’absence de démonstration de rentabilité de la ligne et de plan de financement lors des enquêtes d’utilité publique. En juin, le rapporteur public était allé dans leur sens, reconnaissant l’insuffisance des études socio-économiques et du financement, et recommandant l’annulation de la DUP sur le tronçon en question.

Selon les anti LGV, cette décision pourrait faire jurisprudence pour les recours, toujours en attente de jugement, sur chacun des deux autres tronçons du GPSO.

Il y a un an, le gouvernement avait validé en juin 2016 les DUP des lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, malgré l’avis négatif, à caractère consultatif, rendu par la commission d’enquête publique sur le GPSO. Cela avait suscité l’indignation, et plusieurs recours, dont un de la Sepanso devant le Conseil d’Etat. Si la procédure se prolonge, les dates de mise en service envisagées – 2024 pour Bordeaux-Toulouse, 2027 pour Bordeaux-Dax et 2032 pour le tronçon Dax-Espagne -, devraient être vite repoussées.

Le signal d’alarme des élus

Alain Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine et grand artisan du projet GPSO, ainsi qu’Alain Juppé, président de Bordeaux Métropole, ont réagi ce vendredi dans un communiqué commun, pour « regretter vivement » cette décision du tribunal administratif.

Ils demandent « solennellement à l’État, à M. le préfet de région et à SNCF Réseau d’œuvrer dans les meilleurs délais pour faire appel de cette décision du Tribunal administratif de Bordeaux infondée et contraire à l’intérêt général des usagers et parallèlement qu’ils demandent que soit sursis à exécution de ce jugement. »

« Cette décision, se fondant sur une supposée incertitude sur le financement de cette opération et notamment « la part de financement apportée par l’Union européenne et les collectivités territoriales »  est d’autant plus étonnante que les aménagements ferroviaires au Sud de Bordeaux (AFSB) viennent de faire l’objet de la part de l’Union Européenne d’un financement de 8,519 millions d’euros dans le cadre du dernier appel à projets sur le Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe (MIE). »

Il ne resterait donc plus que quelques milliards d’euros à trouver. Plus sérieusement, les deux grands élus soulignent que les aménagements ferroviaires du sud de Bordeaux (AFSB) dézingués par le tribunal,  ont « vocation à être financés par les Contrats de Projets Etat-Région ». Ces travaux consistent à construire une troisième voie sur 12 km depuis Bordeaux jusqu’à Saint-Médard d’Eyrans avec une quatrième voie au droit de chaque halte ou gare.

« De cette manière, les Ter pourront s’arrêter sur un quai central alors que les autres trains (dont les TGV) circuleront avec plus de fluidité de chaque côté sans s’arrêter. (…) Les AFSB constituent donc un projet de développement et de modernisation majeur du réseau existant sur la ligne ferroviaire structurante entre Bordeaux et Toulouse, d’un intérêt stratégique pour les déplacements du quotidien des 6000 usagers de la ligne Ter Bordeaux-Langon. »

Ouf : le TGV n’ampute pas le financement des trains du quotidien, au contraire. De quoi rassurer les usagers inquiets par le doublement du coût des travaux sur la ligne Sarlat-Bergerac-Libourne ? Pas sûr, la LGV ne passera pas par là-bas.

 

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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