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Dossier #15 : Paris-Bordeaux gavé rapide, le quiz des clichés qui daille

Ayé : Paris est à deux heures de Bordeaux, et inversement. A l’heure où nous vous parlons, des milliers de Parisiens sont déjà descendus du TGV les valises remplies de billets grâce à la revente de leurs deux-pièces à Barbès. Ils sont partis à l’assaut des agences immobilières (mais bon, pas de pot, on est samedi, c’est fermé) pour acheter une maison avec jardin et piscine aux Chartrons – d’après les conseils d’amis bordelais, mieux éviter la rive droite, ça craint.

Le temps est pas terrible – c’est quoi cette pluie, on est pas dans le midi, ici ? –, mais demain, ils iront à la plage. C’est tout près – ils n’ont pas quitté la grisaille et les bouchons parisiens pour trainer le dimanche rue Sainte-Catherine ! Et le soir, pique-nique sur les quais : comme il paraît qu’il ne se passe pas grand chose à Bordeaux d’intéressant, autant être en plein air.

Car cela a sans doute été le sacrifice le plus dur à faire : lâcher la frénésie de la capitale, les sollicitations culturelles innombrables, pour la vie monotone de province, dans une préfecture qu’on qualifiait encore il y a peu de « Belle endormie ».

Ville de bourges

En outre, nos nouveaux venus ont beau être des bobos assumés (la preuve : ils roulent à vélo – pas fou, la radio parle tous les matins des embouteillages bordelais), ils redoutent aussi les difficultés d’intégration. Bordeaux traîne une solide réputation de ville de bourges, un peu froids, fermés et consanguins sur les bords (si, si, dans le Médoc, il parait).

Ils s’interrogent aussi sur les tables de Bordeaux. Certes, il y a Gordon Ramsay et Philippe Etchebest, mais peut-on vraiment manger autre chose que des entrecôtes au vin, et boire un verre sans avaler des pesticides ?

Nous allons arrêter ici la litanie d’idées reçues plus ou moins fondées, mais tenaces. Tout autant que les actes menés pour les conforter ou les dissiper, elles entretiennent la réputation de Bordeaux. Et donc l’envie d’y venir, ou de la fuir. En 10 clichés et autant d’articles, à paraître régulièrement pendant le mois de juillet, Rue89 Bordeaux vous propose de confronter les images d’Épinal à la réalité. Et au delà, de comprendre les perspectives et les solutions d’avenir sur des problèmes qui concernent tout le monde, les néo-Girondins comme les Bordeluches « de souche ».

L'AUTEUR
La Rédaction
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Les informations auxquelles participent plusieurs journalistes de l'équipe.
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