Economie  Société 

Les trains à moins grande vitesse font le plein au départ de Bordeaux

Le trafic a fortement augmenté sur les Intercités Bordeaux-Marseille et Bordeaux-Nantes depuis le début de l’année, et même les Bordeaux-Paris 100% éco sont remplis à 90%. Du coup, la SNCF va améliorer son offre sur ces lignes.

On les donnait moribonds, sous perfusion financière de l’Etat, et concurrencés par BlaBlaCar et les cars Macron. Bref, promis à une prochaine disparition. Pourtant, les trains Corail bougent encore. Mieux, ils regagnent des voyageurs : +14% pour le Bordeaux-Marseille sur les six premiers mois de 2017 par rapport au premier semestre 2016, soit 90000 clients supplémentaires sur une ligne qui en transporte en tout 2,2 millions par an.

Même le tortillard Bordeaux-Nantes, qui à cause des travaux sur les voies met 4h50, au lieu de 3 heures en voiture, a vu sa fréquentation augmenter de 4%.

Car la vitesse n’est pas le critère principal des nouveaux clients. L’Intercités Bordeaux-Paris (4h30 de trajet) « 100% éco » est rempli à 90%, et l’aller-retour assuré seulement du jeudi au dimanche pourrait devenir quotidien.

« C’est la preuve qu’il y a une place à côté du TGV pour des trains qui mettent deux fois plus de temps, mais dont le prix est divisé par trois », explique Michel Knipper, directeur délégué des Intercités Méditerranée Atlantique à la SNCF.

Le Paris-Bordeaux à « petite » vitesse coûte en effet entre 25 et 35 euros, un Bordeaux-Toulouse, 15 euros.

« C’est 14 ou 15 euros avec BlaBlaCar, sur lequel on a repris 20% de parts de marché en injectant massivement des billets à petits prix, poursuit Michel Knipper. Nous avons par exemple des tarifs Happy Hour qui permettent de trouver des places 50% moins cher, même au dernier moment. A ce prix beaucoup de gens préfèrent le confort du train à la voiture, et le raisonnement est le même entre Toulouse et Montpellier, ou entre Montpellier et Marseille. »

Nouvelles recettes

Les places à tarifs réduits représentent ainsi 30% du volume total des sièges sur Bordeaux-Marseille, sans grever le budget de la SNCF, au contraire. Selon la direction, les nouveaux voyageurs ont permis un gain de 2,3 millions d’euros de recettes pour cette ligne.

La compagnie pense être parvenue à attirer une clientèle jeune grâce à des campagnes sur les réseaux sociaux relayées par des « prescripteurs » – une trentaine d’étudiants « ambassadeurs » et des blogueurs branchés « city break » et « lifestyle », récompensés en cadeaux par la SNCF. Sans compter des opérations séduction type « escape game » dans le train Bordeaux-La Rochelle.

Train Intercité et TGV en gare Saint-Jean (SB/Rue89 Bordeaux)

Mais c’est aussi le fruit d’une amélioration du service : les 125 wagons en service sur Bordeaux-Marseille sont tous rénovés, ou en passe de l’être, assurant un plus grand confort aux passagers (fauteuils larges, équipés de prises électriques…).

« Et c’est la seule ligne Intercités de France sur laquelle on va rajouter des trains, indique Michel Knipper. Nous allons passer de 6 allers-retours non cadencés à 7 allers-retours cadencés, plus un 8e aller-retour entre Toulouse, Montpellier et Nîmes. Grâce à ces départs à heures fixes dès 6h30, on espère attraper la clientèle professionnelle, qui fuyait le train pour la voiture particulière. Nous voulons gagner 175000 voyageurs, assurés d’arriver ainsi à temps à leurs rendez-vous et de pouvoir faire l’aller-retour dans la journée . »

Et d’arriver à l’heure ? Dans la foulée des conclusions de l’audit commandés par la SNCF,  Michel Knipper reconnaît des difficultés particulières pour les Intercités, illustrés par quelques couacs spectaculaires ces dernières semaines. Ces trains nécessitent davantage de manœuvres en gare pour installer les locomotives dans un sens ou dans l’autre, et le matériel commence à dater – « certaines locomotives ont 40 ans et tombent plus souvent en panne ».

Il rappelle que l’Etat continue à investir : 150 millions d’euros pour 14 rames « Coradia Liner », des Regiolis améliorés construits par Alstom, qui seront progressivement mis en circulation sur Bordeaux-Nantes. Et 30 rames supplémentaires équiperont les lignes Intercités dont la région Nouvelle-Aquitaine prendra l’année prochaine la gestion (Bordeaux-La Rochelle, Bordeaux-Limoges et Bordeaux-Ussel).

Reste à espérer que les travaux sur les voies se fassent dans les temps : un gros chantier est attendu à partir de septembre 2019 entre La Rochelle et la Roche-sur-Yon.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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