Société 

Leurs contrats aidés supprimés, des employées de vie scolaire loupent la rentrée

Ce mercredi, plusieurs bénéficiaires d’emplois de vie scolaire ont manifesté leur mécontentement. Elles viennent de recevoir un courriel leur notifiant la fin de leurs contrats aidés.

Les emplois de vie scolaire (EVS) n’en ont plus pour longtemps. Menacés par la suppression de certains contrats aidés, plusieurs bénéficiaires sont venus à l’appel de CGT Educ’Action interpeller le recteur sur le campus de Talence, à l’occasion de la cérémonie des vœux de bienvenue aux personnels arrivants dans l’académie de Bordeaux.

Moins connus que les aides à la vie scolaire (AVS devenue AESH) qui épaulent les élèves en handicaps, les EVS remplissent des travaux essentiels autant qu’invisibles nous expliquent plusieurs femmes venues manifester.

20h hebdo imposés pour 680 euros mensuel.

A Landiras, Line s’occupe de gérer les absences d’élèves, les retards de parents, les maladies. Nassera, à l’école Montesquieu s’enquiert d’éditer les certificats de scolarité, les radiations, d’organiser les élections de parents d’élèves. A l’école Jacques-Cartier de Pessac, Danièle gère les commandes de fournitures depuis 4 ans. Florence, en poste depuis l’année dernière à l’école Henri IV de Bordeaux, raconte les tâches administratives, le traitement des courriels, des appels téléphoniques.

Depuis 2006, Cécile a connu 5 directeurs différents à l’école de Cadaujac. Après deux ans d’absence, elle raconte que l’inspecteur académique était venu la chercher pour lui demander de reprendre ce poste.

EVS pourrait alors vouloir dire secrétaire ou bouche-trou. Toutes ces femmes, autour de la cinquantaine, vivent depuis plusieurs années en grande partie de ce temps partiel subi : 20h payées 680 euros. En travaillant du lundi au vendredi, sauf le mercredi, de 8h30 à 11h30 puis de 13h30 à 15h30, difficile de trouver un autre employeur.

La CGT Educ’Action veut la fin des EVS pour le début des titularisation (XR/Rue89 Bordeaux)

La nouvelle tombe par… un courriel

Leur contrat CUI/CAE s’arrête ce 31 août. Toujours éligibles à cet emploi aidé, elles devaient reprendre du service dans leurs établissements.

« Courant juillet, j’avais demandé une augmentation de temps de travail. On m’avait répondu que ce n’était pas possible mais qu’en tout cas il ferait tout pour me renouveler », indique Cécile.

Mais en fait non. Lundi et mardi, elles ont reçu par un simple courriel une notification de leur fin de collaboration. Cécile est même capable de le réciter : « incapacité de renouveler ou de transférer votre contrat. »

La justification est simple peut-on lire dans certains courriers :

« A ce jour, les moyens qui sont alloués pour l’emploi de contrats aidés sont en diminution. Or, l’accompagnement des élèves en situation de handicap est une priorité réaffirmée par le ministère à cette rentrée scolaire. C’est la raison pour laquelle, nous devons consacrer l’intégralité des moyens alloués à l’accompagnement de ces élèves. Nous avons donc le regret de vous annoncer que le contrat que vous occupez sur des fonctions administratives ne sera pas prolongé. »

Ce qui fait dire à certains que, en dehors des « priorités » du gouvernement, point de salut ni de budgets.

Pris de court

La CGT Educ’Action monte au créneau et profite de la fin de ces contrats pour demander la titularisation de ces postes au sein de l’éducation nationale. Marc Viceli, représentant du Snuipp-FSU, s’avoue pris de court par la trentaine de courriels reçus mardi par les directeurs et les salariés inquiets. Mais il promet de mettre le sujet à l’ordre de la réunion du comité technique à venir ce jeudi.

La rentrée va être mouvementée promet Cécile Perez, aide à la vie scolaire (AVS devune AESH) en CDI et à la CGT :

« Il n’y a plus d’EVS pour privilégier les AVS, mais même les AVS il y ‘en aura moins. Et le périscolaire sera lui aussi moins assuré, car de nombreux maire embauchaient en contrats aidés. »

Une analyse confirmée par l’association des maires de France qui ce mardi s’est dite inquiète pour sa rentrée et dénonce une gestion uniquement « comptable » du gouvernement. En Gironde, si les syndicats se mettent en branle, ils espèrent trouver un écho chez les parents d’élèves.

L'AUTEUR
Xavier Ridon
Xavier Ridon
Rémois, devenu journaliste à Tours, installé à Bordeaux. Bref, file vers le Sud avec un micro et un stylo.
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