Société 

Comment Bordeaux Métropole veut sortir les familles roms des bidonvilles

Bordeaux Métropole veut créer dans les communes volontaires deux ou trois « espaces temporaires d’insertion », chacun capables d’accueillir une vingtaine de familles roms. Elle s’inspire de l’exemple de Strasbourg, qui est ainsi parvenu à résorber ses squats. La métropole bordelaise dénombre aujourd’hui 33 bidonvilles, où vivent quelque 800 personnes.

« Ces logements temporaires pourront être des caravanes, des chalets en bois, comme ceux d’Emmaüs, ou d’autres formules, précise ce vendredi Alain Juppé, président de la métropole. L’idée est que l’installation d’une famille donne lieu à des engagements réciproques, que les personnes s’engagent à apprendre le français, à scolariser leurs enfants, à chercher un emploi… »

Le bureau de la métropole a approuvé ce jeudi cette initiative, soutenue notamment par les élus de Bègles et de Mérignac, deux villes candidates à l’accueil d’un ETI, et le groupe des élus écologistes de l’agglo. L’opération pourrait être lancée en 2019, sous réserve d’un soutien financier de l’Etat, dont l’hébergement d’urgence est de son ressort, et du conseil départemental de la Gironde, pour ce qui est du suivi social. Un conseil métropolitain extraordinaire sur l’hébergement d’urgence doit d’ailleurs se tenir en présence du préfet Pierre Dartout, le 7 novembre.

« Cette expérience qui concerne des populations difficiles ne peut réussir qu’avec un dispositif d’accompagnement important », souligne le maire de Bordeaux, qui évalue le coût de ces espaces entre 600 et 700000 euros.

Dignité

Alain Juppé se dit « conscient que cela ne règlera pas le problème de place pour toutes les familles de la métropole », puisque ces premiers espaces, d’une vingtaine de logements chacun, ne pourront au mieux accueillir que 120 à 180 personnes, sur les 800 recensées dans l’agglomération, essentiellement répartis dans trois communes, Bordeaux, Bègles et Mérignac.

« Le tiers des squats se trouve à Bègles, où nous avons beaucoup de friches industrielles, rappelle son maire, Clément Rossignol-Puech. Nous avons fait le choix de la domiciliation obligatoire, ce qui veut dire qu’on doit scolariser beaucoup d’enfants allophones. C’est pour la ville un effort de 100000 euros en renfort du centre communal d’action sociale. Mais je suis sûr que cela peut fonctionner. »

L’élue EELV de Mérignac Sylvie Cassou-Schotte se dit aujourd’hui « ravie et très fière de l’adoption d’un projet » qu’elle porte depuis des années. Elle ajoute qu’en amenant l’eau, l’électricité, la gestion des déchets et le ramassage scolaire sur des sites déjà squattés, cela permettra non seulement d’améliorer les conditions de vie des habitants, mais favorisera aussi une meilleure acceptation de ceux-ci par les riverains.

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux
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