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Cap sur la méthanisation agricole en Nouvelle-Aquitaine
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Cap sur la méthanisation agricole en Nouvelle-Aquitaine

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Publié le 4 décembre 2020.
Imprimé le 22 avril 2021 à 01:13
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Face aux enjeux de la transition agro-écologique et énergétique, les projets de méthanisation et ceux plus petits de micro-méthanisation – dimensionnés à l’échelle d’une exploitation – s’avèrent être des solutions durables et d’avenir en matière de traitement des déchets, de production d’énergie renouvelable et de réduction des gaz à effet de serre. Illustration en Nouvelle-Aquitaine, première région agricole de France, avant la semaine de la méthanisation du 7 au 11 décembre.

La méthanisation est un procédé naturel qui permet de transformer des déchets organiques (déchets agricoles tels que fumiers, lisiers et résidus de cultures, déchets agroalimentaires, certains déchets industriels et ménagers, boues issues de station d’épuration) en biogaz et en digestat.

Le biogaz devenu biométhane après épuration, peut être directement injecté dans le réseau de gaz naturel ou bien servir à produire de la chaleur sur le lieu de production et de l’électricité en cogénération, électricité qui peut être revendue. Le digestat quant à lui, riche en azote minéralisé, est épandu sur les terres et utilisé comme engrais naturel.

Cycle de transformation du biogaz. Capture d’écran site MethaN-Action

Si la méthanisation permet de répondre à de nombreux défis environnementaux comme le traitement des déchets, la production d’énergie renouvelable et la réduction des gaz à effet de serre, elle présente également l’intérêt pour les agriculteurs de diversifier leurs revenus, puisqu’ils peuvent revendre le biogaz à des fournisseurs d’énergie. Cela contribue à l’amélioration des pratiques agricoles grâce à la mise en place de cultures intermédiaires à multi-services environnementaux (CIMSE): trèfle, pois fourrager, avoine, moutardes nourrissent à la fois les sols et le méthaniseur, et améliorent la gestion des effluents d’élevage.

Traditionnellement les fumiers et lisiers sont épandus sur les sols agricoles afin de les fertiliser, et sont souvent sources d’odeurs gênantes pour les riverains. Après méthanisation c’est le digestat qui est retourné au sol afin de ramener la partie de la matière organique qui n’est pas transformée en gaz, ainsi que des éléments nutritifs. Ce digestat, qui lui est inodore, contient en effet des éléments fertilisants nécessaires aux plantes comme l’azote, le phosphore et le potassium, et peut remplacer les engrais de synthèse. 

809 sites de méthanisation en France

Au 1er janvier 2020, on recensait 809 sites de méthanisation dans le pays, toutes tailles confondues, un chiffre en constante augmentation. En Nouvelle-Aquitaine, on dénombre 77 méthaniseurs en fonctionnement cette année, dont 44 dans le secteur agricole. Cela représente plus de 690 000 tonnes de matières traitées, 258 GWh d’énergie produite soit l’équivalent de la consommation énergétique de 14 413 foyers néo-aquitains (source MéthaN-Action/Arec).

La méthanisation peut ainsi être un atout essentiel dans la lutte contre le réchauffement climatique en France. L’agriculture est en effet la troisième source d’émission de gaz à effet de serre en France après les transports et le résidentiel-tertiaire, l’agriculture représentait 19% des 88 millions de tonnes de CO2 émises par la France en 2017. Ce secteur est même responsable de 86,6 % des émissions françaises de N2O (protoxyde d’azote) via les épandages d’engrais, de fumier, de lisier ou la décomposition de résidus de récolte. Autant d’externalités négatives que les méthaniseurs permettent de traiter.

A l’échelle régionale, l’agriculture représente un potentiel de matières pouvant être méthanisées de plus de 41 millions de tonnes, issues majoritairement des cultures intermédiaires, des résidus de cultures et des effluents d’élevage. Avec plus de 21 millions de tonnes, les lisiers constituent ainsi un gisement important de gaz d’origine renouvelable en Nouvelle-Aquitaine.

Gaz vert à partir de lisier

Or ce tel potentiel est assez peu exploité puisque seulement 5% des effluents sont méthanisés. Des solutions pour toucher le plus grand nombre d’exploitation et d’élevage sont toutefois en train d’émerger.

La micro-méthanisation est ainsi étudiée de près par la Région Nouvelle-Aquitaine afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre du monde agricole et d’amélioration des pratiques agro-écologiques. Cette technologie est inscrite dans la feuille de route Néo-Terra de transition écologique et énergétique adoptée par la Région Nouvelle-Aquitaine l’année dernière, et qui prévoit la création de 100 micro-méthaniseurs à la ferme d’ici 2030.

Site pilote site pilote de micro-méthanisation à la ferme chez Aurélien Loumagne à Barcelone-du-Gers. (Ovalie Innovation)

Elle suit notamment un projet porté par Ovalie Innovation, filiale des coopératives Maïsadour et Vivadour.

L’entreprise a développé un concept innovant de micro-méthanisation à la ferme, baptisé Mcube, et s’est d’abord intéressée à la production de biogaz à partir de lisier de canard, là où la méthanisation concernait jusqu’ici davantage l’élevage bovin et porcin. Le site pilote du premier Mcube, installé chez un gaveur de canards à Barcelone du Gers a été présenté mardi 27 octobre aux élus régionaux d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine. Une unité similaire équipera l’année prochaine l’exploitation de Cathy Perrin, éleveuse de canards à Le Vignau dans les Landes. Deux autres verront le jour en Nouvelle-Aquitaine d’ici 2022.

« C’est un projet qui coche toutes cases » estime Nadia Isambert, directrice de l’innovation et de la communication de Maïsadour et représentante de Maïsadour dans Ovalie Innovation :

« Nous avons mis au point une technologie souple et modulable. On vient directement poser une bâche brevetée sur la fosse à lisier de l’éleveur, qui est ensuite adossée à deux autres modules pour récupérer le biogaz et pour accueillir le moteur de cogénération. Nous sommes dimensionnés sur du 36kW, ce qui nous permet de nous raccorder facilement au réseau électrique. Cela n’affecte ni le site, ni les alentours de l’exploitation. Nous avons fait le choix de la facilité et de la sérénité pour l’agriculteur puisqu’il n’a pas à investir, c’est nous qui le faisons et revendons l’électricité à EDF. Par le biais d’une convention, l’agriculteur reçoit un revenu basé sur la mise à disposition du terrain, l’alimentation du méthaniseur en lisier et la surveillance. »

« Participer au développement durable, c’est gratifiant »

Outre son grand intérêt pour l’innovation, c’est aussi l’absence de risque financier qui a séduit Aurélien Loumagne pour accueillir chez lui l’expérimentation de ce micro-méthaniseur pilote Mcube :

« Si un constructeur de méthaniseur m’avait démarché, je ne l’aurais pas fait car cela nécessite un important investissement. Là, je bénéficie d’un revenu supplémentaire stable et surtout je n’ai pas changé de métier, cela ne change rien à mon quotidien, cela ne me prend pas plus de temps qu’avant pour la surveillance. C’est Ovalie qui s’occupe de tout : administratif, maintenance, supervision… Le grand bénéfice pour nous et nos voisins c’est aussi la disparition des odeurs. Au niveau sociétal, en tant qu’éleveurs qui sommes souvent montrés du doigt. Aussi, faire partie d’une démarche de ce type, c’est gratifiant pour nous, parce que l’on participe au développement durable. Nous réfléchissons également à pouvoir utiliser la chaleur produite par le micro-méthaniseur pour notre habitation et pourquoi pas autour de nous, dans une démarche citoyenne d’autonomie énergétique. »

Avec plus de la moitié des exploitations de Nouvelle-Aquitaine concernées par l’élevage, les perspectives de développement sont importantes, d’autant que la méthanisation est encouragée par l’Europe, l’Etat et les Régions qui proposent des aides.

Semaine de la méthanisation en Nouvelle-Aquitaine

L’ADEME (Agence nationale De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et la Région Nouvelle-Aquitaine ont créé le dispositif MethaN-Action afin d’accompagner le développement de la méthanisation sur le territoire, dispositif animé par la Chambre régionale de l’agriculture et la FR-CUMA (coopérative de matériel agricole).

« Notre objectif est de faire naître des projets pérennes, viables, durables et bénéfiques pour les territoires, explique Sarahlynn Rizard, une des animatrices de MéthaN-Action. Nous proposons deux formes d’accompagnement : le suivi de projet dès le début et la montée en compétences à travers des formations, des journées d’échanges. Nous les accompagnons également dans les demandes d’aides pour financer les études de faisabilité et les investissements par exemple. »

Ainsi, du 7 au 11 décembre prochain, MethaN-Action organise la « Semaine de la méthanisation en Nouvelle-Aquitaine ». En raison du contexte actuel, l’évènement aura lieu uniquement sur internet sous forme de webinaires, avec des présentations, témoignages et tables-rondes à suivre en ligne sur le site methanaction.com.

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