Infos et enquêtes à Bordeaux et sa métropole
Infos et enquêtes à Bordeaux et sa métropole
Le biogaz pour rouler propre en Nouvelle-Aquitaine
Ecologie  Economie 

Le biogaz pour rouler propre en Nouvelle-Aquitaine

Article sponsorisé.
Publié le 1 février 2021.
Imprimé le 23 avril 2021 à 08:19
466 visites. Aucun commentaire pour l'instant.

La technologie du bioGNV, gaz issus de la méthanisation des déchets agricoles, industriels ou ménagers, se déploie dans la région Nouvelle-Aquitaine. Plusieurs stationsservices sont dédiées au biogaz, et une vingtaine seront créées prochainement. Les entreprises régionales de transports de marchandises s’équipent pour rouler propre et moins cher grâce à ce carburant

C’est une station un peu spéciale, qui ne sert qu’un type de carburant, propre et local. Depuis son ouverture en septembre 2020 près de Villeneuve-sur-Lot, les poids lourds peuvent faire leur plein de bioGNV. Produit par la méthanisation agricole dans des unités de méthanisation du sud-ouest, le biométhane est injecté dans le réseau de gaz, auquel sont connectées les cinq stations existantes en Nouvelle-Aquitaine.

Une dizaine de véhicules utilisent déjà les pompes de Villeneuve-sur-Lot, notamment les bennes à ordures ménagères du Grand Villeneuvois et des camions frigorifiques de la société STFV (qui a pour principal client les magasins Picard de la région). D’ici 15 ans, la consommation de BioGNV sur cette station, à la place du gazole, permettra d’éviter l’émission de plus de 30 000 tonnes de CO2.

« Il y a très peu de raison de ne pas rouler au bioGNV, mais le grand public et les transporteurs ne le savent pas assez, estime Nicolas Gente, le directeur d’Avergies, SEM (société d’économie mixte) coactionnaire de la station. Pour un coût au kilomètre équivalent au gazole, le biogaz émet 80% moins de CO2, 95% moins de particules fines, et 50% moins de dioxyde d’azote. »

Un carburant moins cher et moins polluant

Aussi, cette technologie est fortement poussée par les pouvoirs publics. La station de Villeneuve-sur-Lot, majoritairement détenue et exploitée par une société privée spécialisée dans le biogaz, Seven (qui développe une vingtaine de projets similaires dans le Sud de la France), représente un investissement de près d’1,1 million d’euros, et est soutenue par la Région Nouvelle-Aquitaine.

« Les transporteurs routiers peuvent s’approvisionner en BioGNV (biométhane) produit localement au prix du GNV (méthane fossile) pendant les premières années d’exploitation, rendant ce carburant compétitif par rapport au gazole », indique-t-on à la Direction de l’Énergie et du Climat de la Région Nouvelle-Aquitaine.

La station biogaz à Villeneuve-sur-Lot (DR)

Moins polluant, le gaz renouvelable est aussi moins cher que le gazole. 80 centimes (90 pour le biogaz) le kilo, contre environ 1,10 euro le litre de gazole. De quoi rentabiliser le surcoût à l’achat des véhicules, estimé entre 20 à 30000 euros pour un gros porteur routier, et séduire de plus en plus d’entreprises, telles que Montussan Transports Services (MTS)

Le hic de l’approvisionnement

Cette PME de 45 salariés, engagée depuis 2006 avec l’Ademe sur une Charte CO2 pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, utilise déjà 5 porteurs de 19 tonnes roulant au BioGNV. Certains sont déjà rentabilisés après 3 ans d’utilisation et le gérant de MTS, Nourredine Ziane, s’en déclare très satisfait :

« Les transporteurs et leurs conducteurs nourrissent quelques craintes par rapport au gaz, associé au danger d’explosion, alors que les risques sont les mêmes. Ces véhicules sont même plus sécurisés que les diesels en cas de collision. Et les conducteurs sont contents car ces porteurs vibrent moins, ils font deux fois moins de bruit et ont cette image de transport propre. Nous causons moins de nuisance quand on arrive dans les villes et les rocades. C’est bon pour l’image de notre métier, méconnu du grand public et décrié, et plutôt bon par la planète. »

La principale problématique réside dans l’approvisionnement en BioGNV « Comme nous faisons beaucoup de trajets Bordeaux-Paris, il faudrait qu’il y ait un peu plus de stations gaz et biogaz sur ce trajet, entre Tours et Poitiers »  poursuit Nourredine Ziane.

Dans le mix énergétique

Pour le gérant de MTS, les annonces sur l’électrique et l’hydrogène ont aussi « rendu frileuses des entreprises », qui avaient peur d’investir dans des véhicules au gaz risquant d’être vite obsolètes.

« Mais j’ai l’impression que la confiance est en train de repartir, car on voit que les premiers camions électriques ont une autonomie ne dépassant pas les 100 kilomètres. Et du puit à la roue, les véhicules électriques ne sont actuellement pas durables. »

La filière biogaz est quant à elle « déjà mature et vertueuse », estime-t-on à la Région, et « peut être une étape vers l’hydrogène ».

« Ou du moins un élément important du futur mix énergétique, précise sa Direction Energie. Dans celui-ci, l’hydrogène sera plus adapté au transport lourd longue distance, l’électrique au transport individuel, et le biogaz pour une desserte régionale ».

La technologie est déployable plus rapidement : il suffit de raccorder au gaz de ville des stations existantes, quand l’hydrogène devra mobilisera une nouvelle infrastructure.

Economie circulaire

Carburant issu de la méthanisation, le biogaz s’inscrit en outre dans une « vision globale d’économie circulaire » portée notamment par Avergies, affirme le directeur de cette SEM, Nicolas Gente. Le BioGNV – biogaz issu de la méthanisation – offre en effet un débouché aux agriculteurs : une vingtaine d’exploitations du Lot-et-Garonne (producteurs de semences bio ou de tomates, éleveur laitier, céréalier, vignerons…) utiliseront à terme les sept micro-méthaniseurs soutenus par Avergies. Et ces centrales ne traiteront pas des cultures dédiées à la production énergétique, mais des déchets agricoles ou des cultures intermédiaires – avoine, orge, sorgho, tournesol…

« Celles-ci ont le triple intérêt d’assurer une couverture des sols pour éviter le lessivage hivernal, de protéger ainsi les eaux des pollutions aux nitrates, et de produire des énergies renouvelables », assure Nicolas Gente.

Ce dernier estime que le département est ainsi en mesure de fournir en biogaz « 100% de la capacité de ses poids-lourds ». A l’horizon 2022, Avergies compte ouvrir 4 stations biogaz dans le Lot-et-Garonne.

L'AUTEUR
La Rédaction
La Rédaction
Des infos d'ici de là

En BREF

Après l’expulsion du Volcan, l’agence immobilière porte plainte pour harcèlement et diffamation

par La Rédaction. 1 240 visites. Aucun commentaire pour l'instant.

Le député Loïc Prud’homme contrôlé après une mobilisation pour le climat

par La Rédaction. 1 804 visites. Aucun commentaire pour l'instant.

Un incendie criminel ravage les cabanes des sans-abri quai Sainte-Croix

par La Rédaction. 920 visites. Aucun commentaire pour l'instant.
×