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Au moins 46 enfants ont passé la nuit à la rue avant la rentrée en Nouvelle-Aquitaine

Le 7e baromètre de l’Unicef et de la Fédération des acteurs de la solidarité chiffre à 2 159, dont 503 de moins de 3 ans, le nombre d’enfants sans solution d’hébergement à la suite de leur demande au 115, quelques jours avant la rentrée scolaire. Ils sont 46, dont 5 de moins de 3 ans, dans la Région.

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Au moins 46 enfants ont passé la nuit à la rue avant la rentrée en Nouvelle-Aquitaine
« Malgré les promesses répétées des gouvernements successifs, la situation s’aggrave année après année » (WS/Rue89 Bordeaux)

En France, le nombre d’enfants à la rue a augmenté de 6% en un an, de 30% depuis la rentrée 2022 – il s’élevait à 1658 à l’époque, il est désormais de 2159 en France. « Malgré les promesses répétées des gouvernements successifs, la situation s’aggrave année après année », « de façon silencieuse », et sur tous les territoires, déplorent l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) dans un communiqué ce jeudi 28 août. .

« La saturation des dispositifs d’hébergement, cumulée à la crise du logement, a des conséquences dans de nombreuses régions, parmi lesquelles l’Ile-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Occitanie et les Hauts-de-France qui comptent le plus grand nombre de familles à la rue », soulignent les associations.

Le 115 ne répond pas

Ces trois régions ont ainsi respectivement 1760, 452 et 402 personnes membres de familles dont les demandes ont été non pourvues. La Nouvelle-Aquitaine parait mieux lotie, avec « seulement » 81 personnes dans cette situation, dont 46 enfants, parmi lesquels 5 de moins de 3 ans.

« Des régions sont davantage attractives, en raison de leur proximité avec des pays limitrophes, explique Nicolas Bourguignon, président de la FAS Nouvelle-Aquitaine. Il y a un autre élément plus prosaïque : la disponibilité des structures d’hébergement, qui n’est pas proportionnelle à la population. Il peut y avoir un sous-équipement historique dans certains territoires. » 

Mais pour l’Unicef et la Fédération des acteurs de la solidarité, qui regroupe notamment les CCAS (centres communaux d’action sociale), ces chiffres cachent un situation en réalité plus problématique, car « de nombreuses personnes ne recourent pas ou ne parviennent pas à joindre le 115 ».

10 familles de retour à la rue à Bordeaux ?

Dans la métropole bordelaise, le Collectif de soutien aux enfants mal logés, constitué de parents d’élèves et enseignants solidaires des personnes à la rue, recense pour sa part actuellement deux familles sans solution – une en situation régulière avec un enfant suivi en oncologie, et une autre en situation irrégulière avec un bébé de 4 mois.

« Mais on pense qu’une dizaine de familles vont se retrouver sans toit courant septembre, indique Laure, une militante de ce collectif. Soit parce qu’elles sont hébergées à l’hôtel pour une période limitée, soit qu’elles sont accueillies chez des gens qui vont récupérer leur logement en rentrant de vacances, soit qu’elles se trouvent dans des squats menacés d’expulsion. »

Laure affirme en outre que de nombreuses familles, actuellement hébergées par le Département de la Gironde, pourraient aussi se retrouver à la rue, faute de moyens, les collectivités locales assurant en la matière des missions incombant à l’État. « Mais la préfecture, contrairement à ce qu’elle avait annoncée, n’a accepté de prendre en charge que les familles en situation régulière », pointe Laure.

« De la rue au logement »

« Il y a une telle saturation des dispositifs et une telle massification de la demande que mécaniquement de plus en plus de gens sont mis dehors, y compris des enfants », poursuit Nicolas Bourguignon.

« Tous les signaux sont au rouge et on est très inquiets car on ne voit pas comment la situation pourrait évoluer favorablement. Oui, chaque année, l’État ouvre plus de places d’hébergement, mais ce n’est pas proportionné aux besoins générés par la convergence des crises économiques, sociale et climatique. Les migrations environnementales, on les voit déjà, et cela s’ajoute à la paupérisation des populations sur le territoire. »

L’Unicef et la FAS appellent le gouvernement « à augmenter le nombre de places d’hébergement adaptées aux besoins des enfants et des familles et à adopter une programmation pluriannuelle « de la rue au logement », incluant un plan ambitieux de production de logements sociaux et très sociaux ».


#sans toit ni loi

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