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La carte de l’éducation prioritaire pas réformée avant 2027, les aberrations vont durer à Bordeaux

Le ministre de l’éducation nationale a annoncé récemment qu’il n’y aurait pas de révision de la carte de l’éducation prioritaire d’ici la prochaine présidentielle. Une actualisation était pourtant attendue depuis 2019, notamment dans les collèges situés dans des quartiers sensibles, comme Alice-Milliat à Bordeaux.

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La carte de l’éducation prioritaire pas réformée avant 2027, les aberrations vont durer à Bordeaux
Le collège Goya à Bordeaux

Datant de 2014, la liste des 1 093 établissements classés réseaux d’éducation prioritaires (REP), dont 360 sont renforcés (REP+), ne sera pas réactualisée avant la prochaine présidentielle, en 2027. Le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, en a fait l’annonce le 9 décembre dernier devant l’Assemblée nationale, justifiant ne pas avoir « l’espace-temps politique suffisant » pour cette révision, qui nécessiterait « entre douze et dix-huit mois » de travail.

La réforme de la géographie de l’éducation prioritaire était pourtant attendue depuis 2019, et réclamée par les élus, parents d’élèves et enseignants de nombreuses communes. Dans un article paru ce mardi 6 janvier, Le Monde rappelle qu’elle « présente des anomalies manifestes ». Elle exclut en particulier 118 établissements dont l’indice de position sociale (IPS, calculé à partir notamment des revenus et diplômes des parents) est inférieur à celui de la moyenne des établissements de REP (86).

Parmi ceux-ci figure le collège Alice-Milliat à Ginko, dont l’IPS est de 82,6. Il était en grève l’an dernier pour réclamer ce classement REP, permettant d’avoir des moyens supplémentaires pour répondre aux besoins d’élèves issus des quartiers des Aubiers et Ginko. Quoique relayée tant par le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, que par le député (Renaissance) de la circonscription, Thomas Cazenave, la demande restera donc lettre morte à l’issue des deux mandats d’Emmanuel Macron.

Compensation

Pour compenser, le ministre a promis ce lundi aux chefs d’établissement une politique ciblée pour les 800 collèges, dont au moins 40 % des élèves ont moins de 8 sur 20 en français et en mathématiques au brevet, ce qui concerne le collège Alice-Milliat. Si le budget 2026 est adopté, une centaine de postes seraient aussi aiguillés vers les écoles « orphelines », qui n’appartiennent pas à un réseau d’éducation prioritaire mais accueillent des populations défavorisées, car leur collège de rattachement n’est pas classé REP. C’est le cas de 8 écoles en Gironde, notamment Louise-Michel aux Aubiers.

Mais les aberrations de l’éducation prioritaire marchent aussi dans l’autre sens. Ainsi, selon le Monde, cinq collèges avec un IPS supérieur à 110 « sont classés en éducation prioritaire, voire en REP+, alors qu’ils sont parmi le quart le plus favorisé de France ». Trois sont à Paris, deux… à Bordeaux. Il s’agit du collège Francisco-Goya, dans le centre-ville (dont l’IPS est de 121), et du collège Léonard Lenoir, sur la rive droite (IPS de 109,9, plus exactement).

L’éducation prioritaire concerne un collège public sur cinq et 1,7 million d’élèves.


#Éducation

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