Média local avec zéro milliardaire dedans

« Le festival de BD d’Angoulême est sauvé », affirme Alain Rousset

Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, et Xavier Bonnefont, ont annoncé qu’une association regroupant éditeurs, auteurs, et collectivités locales reprenait en main le festival international de bande dessinée. Elle lancera prochainement un appel d’offre pour l’organisation de l’édition 2027, après le festival off qui aura lieu cette année.

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« Le festival de BD d’Angoulême est sauvé », affirme Alain Rousset
Les allées du festival de la BD d’Angoulême

« Le Festival de BD d’Angoulême est sauvé un peu grâce à nous », se félicite Alain Rousset ce vendredi 9 janvier. Lors de ses vœux à la presse à la Méca (maison de l’économie créative, qui héberge notamment l’agence régionale du livre, l’Alca), le président de la Région Nouvelle-Aquitaine assure que celle-ci « a ramené autour de la table les auteurs, autrices et éditeurs ».

« Il y aura un festival dit off en 2026 et on y sera, mais pour la suite on repart avec une structure chapeau, l’ADBDA (Association pour le développement de la BD à Angoulême). Pour moi qui suis un amoureux de la BD, c’était une vraie souffrance, et il y avait le risque que Lyon ou Paris nous chipent ce festival. »

Alain Rousset relayait ainsi les annonces faites au même moment lors d’une conférence de presse à Angoulême par le maire de la ville, Xavier Bonnefont, et l’ADBDA. Après l’annulation de l’édition 2026, suite au boycott des auteurs et éditeurs pour dénoncer le fonctionnement de la société 9e art +, la société privée organisatrice de l’événement, l’objectif des collectivités qui le financent est d’assurer la relance du festival dès l’an prochain.

Un nouvel opérateur désigné prochainement

Afin de remplacer 9e Art + – qui était théoriquement en charge du festival jusqu’en 2028 mais est désormais définitivement écartée –, l’ADBDA devrait lancer au mois d’avril un appel à projets en vue de confier son organisation à une nouvelle structure professionnelle dès 2027.

« Le futur organisateur devra avoir un dialogue constant avec les représentants des auteurs et des éditeurs avant, pendant et après le festival, pour éviter des polémiques de fond gravissimes qui n’étaient pas traitées correctement », prévient Frédéric Vilcocq, le conseiller culture et économie créative d’Alain Rousset, en référence notamment aux violences sexistes et sexuelles, un des points sur lesquels 9e Art + était très critiqué.

Pour pacifier les relations avec la profession, des points seraient selon ce dernier d’ores et déjà actés, comme un droit de monstration pour les dédicaces sur les stands qui n’était pas systématiquement versé.

« C’est un droit social qui doit être appliqué, les auteurs de bande dessinée ne sont pas des bénévoles », affirme Frédéric Vilcocq.

Une gouvernance partagée

Afin d’associer tous les partenaires à la gouvernance du festival, la modification des statuts de l’ADBDA a été adoptée ce vendredi. Son conseil d’administration comprendra désormais 6 représentants des partenaires publics, 6 représentants des auteurs et autrices, 6 représentants des éditeurs et 4 personnalités qualifiées.

Le FIBD, association historique à la tête de l’évènement, et dont les dirigeants ont été très critiqués pour leur gestion de la crise, ne fait pour l’heure plus partie de cette nouvelle gouvernance. Mais « la porte lui est toujours ouverte si elle souhaite poursuivre sa participation » au festival, affirme Frédéric Vilcocq.

C’est peu probable, tant les relations sont devenues exécrables entre sa présidente et le maire d’Angoulême, et cela ne changerait pas grand chose au devenir de l’évènement, FIBD n’étant propriétaire que du nom et du logo. Le futur festival d’Angoulême devra en revanche intituler autrement ses récompenses : les Fauves sont une marque déposée par 9e Art +. 


#Bande dessinée

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