Média local avec zéro milliardaire dedans

« Recommencer à zéro », une cagnotte pour un maraîcher bio de Gironde sinistré par les inondations

Serres arrachées par les vents violents, champs noyés sous plusieurs mètres d’eau et perte d’outils indispensables à la production agricole : les agriculteurs doivent faire face aux dégâts que les tempêtes Nils et Pedro ont causé en Gironde et dans le Lot-et-Garonne. Une cagnotte a été lancée pour soutenir le maraîcher du restaurant Les Récoltants.

Cet article est en accès libre. Pour soutenir Rue89Bordeaux, abonnez-vous.

« Recommencer à zéro », une cagnotte pour un maraîcher bio de Gironde sinistré par les inondations
Les serres inondées de François Araujo, le 16 février 2026.

Le 20 février, Mélia Roger, créatrice de l’épicerie-ferme-restaurant Les Récoltants, à Bordeaux, a crée une cagnotte afin de venir en aide à leur paysan maraîcher, fournisseur de l’établissement. Sa ferme, située à Tabanac, dans l’Entre-deux-Mers, aux bords de la Garonne, a subi d’importants dégâts lors des inondations. A Rue89 Bordeaux, François Araujo affirme avoir « tout perdu ».

« Tout le matériel est mort, mes tracteurs ont passé 10 jours sous l’eau. Mes serres ont été éventrées deux jours avant par la tempête. Le premier jour de la tempête je n’ai pas pu être sur place, j’étais dans le déni. »

Un coup de pouce pour réinvestir

Les dégradations dues à la crue, doublée de celles provoquées par la tempête ont été « brutales » pour le paysan, qui évalue encore mal l’ampleur des dégâts sur sa parcelle d’1,5 hectare. Le maraîcher installé en bio sur la commune depuis 2011, a pour crédo « nourrir sans empoisonner ». Il est également l’un des fournisseurs des cantines à Bègles ayant fait le choix du bio.

Si le maraîcher essaie de rester positif pour la suite, il ne prévoit pas de reprise des récoltes de légumes « avant septembre ou octobre ». Soit après la saison d’été. Le maraîcher a donc besoin d’un coup de pouce pour « recommencer à zéro », afin de « réinvestir dans les amendements, semences et plants ».

Pour l’heure, la cagnotte a récolté 5 040€, ses instigateurs en espèrent 20000. « Pour reconstruire les serres, on aura besoin de main d’œuvre pour sauver la saison 2026 », ajoute l’agriculteur.

Calamité agricole

Comme pour beaucoup d’autres agriculteurs et paysans, la course aux assurances se révèle parfois compliquée. Certains cultivateurs à l’instar de François, utilisent du matériel parfois ancien, « Mon tracteur date de 1960, il a une valeur pour moi, mais pas pour mon assurance », regrette ce dernier, qui a appris en contactant son assureur qu’il ne serait pas indemnisé.

« L’assurance multirisque n’existe que depuis un an pour les légumes en plein champ mais toujours pas pour les cultures sous serres », expliquait au Parisien Rémi Doux, un agriculteur de Bazas dont l’exploitation a été affectée par la tempête Nils.

En visite sur son exploitation agricole le 20 février dernier, le préfet de la Gironde, Etienne Guyot a rappelé les deux aides d’urgence pour les agriculteurs sinistrés − la calamité agricole pour les pertes d’ « outils non assurables » (sols, vergers, plantations pérennes) et l’indemnité solidarité nationale pour les pertes de production (à hauteur de de 50% pour les grandes cultures, la viticulture ou les légumes, de 30% pour les petites fruits ou l’arboriculture).

Le préfet a demandé à la MSA (mutualité sociale agricole) d’ « examiner les possibilités d’étalement des cotisations sociales des exploitations en difficulté. » 500 hectares agricoles auraient été inondés en Gironde par les dernières crues, selon le président de la Chambre d’agriculture.


#Agriculture

Activez les notifications pour être alerté des nouveaux articles publiés en lien avec ce sujet.

Voir tous les articles

Autres mots-clés :

Partager
Plus d'options
Quitter la version mobile