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A Bordeaux Métropole, seul un candidat sur trois prêt à se bouger pour le vélo

Le plaidoyer pour une métropole cyclable et marchable, soumis aux candidats par 6 associations de cyclistes, a été approuvé, pour la majorité de ses 40 propositions, par 36 des 95 listes qui concourront aux municipales des 15 et 22 mars dans 19 des 28 communes de Bordeaux Métropole

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A Bordeaux Métropole, seul un candidat sur trois prêt à se bouger pour le vélo

Lancé en novembre dernier, le plaidoyer pour une métropole cyclable marchable a été soumis à la plupart des listes engagées aux municipales – 73 contactées, sur 95 candidates dans les 28 communes de Bordeaux Métropole. Celles-ci étaient libres d’approuver ou de refuser chacune des 40 propositions soumises par les 6 associations portant ce projet – dont Vélo-Cité, Cycles & Manivelles ou La Maison des livreurs. A l’arrivée, 36 ont répondu.

« Cela peut paraitre peu encourageant pour le futur des piétons et cycliste mais il faut relativiser car le taux de réponse est de près 60% pour les équipes sortantes, ce qui signifie que celles qui n’ont pas répondu sont celles qui ont le moins de chance d’avoir des élus », estime Virginie Simonnet, co-présidente de l’association bordelais.

La plupart des candidats des grandes villes de la Métropole ont souscrit à la majorité des propositions. A Pessac, c’est le cas de 4 listes sur 6, celles de Franck Raynal, le maire sortant, Sébastien Saint-Pasteur (PS), Bérangère Couillard (Renaissance) et Philippe Jaouen (LFI). A Bordeaux, seules 4 listes sur 11 cautionnent le plaidoyer, mais ce sont les mieux placées dans les sondages – celles du maire écolo Pierre Hurmic, de Thomas Cazenave (Renaissance), Philippe Dessertine (indépendant) et Nordine Raymond (LFI).

Clivages

Le taux d’engagement varie en fonction des recommandations du plaidoyer, notent ses initiateurs. Ainsi, poursuivre le développement du ReVE (réseau vélo express), inciter et faciliter le déplacement des enfants à vélos ou à pied, ou encore élaborer un plan vélo, sont celles qui recueillent le plus d’avis favorables.

« 57% (15 refus sur 35) sont pour augmenter les espaces consacrés aux modes actifs en diminuant notamment le stationnement automobile. C’est un engagement politique fort et on est pas surpris que soit aussi clivant, relève Olivier Michaud, co-président de Vélo-Cité. Ce genre d’option doit permettre à un électeur qui hésite de faire la différence entre des listes. »

Philippe Dessertine et Thomas Cazenave se déclarent ainsi contre la diminution de stationnement en voirie, le candidat macroniste rappelant qu’il propose un moratoire sur la suppression des places en surface « afin d’identifier les besoins et les solutions ». Il conditionne la réalisation d’une piste cyclable en site propre sur les boulevards à une étude de faisabilité en fonction de la largeur des voies.

Ces candidats qui font l’impasse

Les clivages politiques transparaissent aussi dans le refus de certaines listes de répondre aux associations. L’extrême droite est aux abonnés absents, à l’exception du candidat RN au Bouscat. Et dans plusieurs communes importantes de la Métropole (Bègles, Mérignac, Talence..), seuls des candidats de gauche ont donné leur aval au plaidoyer. Ce que déplore Olivier Michaud :

« Christian Bagate, candidat (divers droite) à Bègles nous a expliqué dans un long mail qu’il n’allait pas répondre car ce que nous proposons ne correspond pas du tout à l’organisation de la ville qu’il défend. Il a qualifié notre plaidoyer de dogmatique, soit la même position qu’Emmanuel Sallaberry, qui n’a pas répondu. »

Le maire de Talence n’a en effet toujours pas digéré la notation élaborée par Vélo-Cité en guise de bilan de la mise en pratique de son plaidoyer de 2020, et qui s’était révélée sévère pour plusieurs communes. Suite à ces critiques, les associations avaient changé la méthode, pour que les candidats puissent adhérer aux mesures correspondant à la situation de leurs villes.

Aussi, elles déplorent que dans 9 communes de la métropole, aucune liste n’ait pris la peine de répondre à leurs sollicitations. « Dont 7 de la rive droite, ce qui nous déçoit beaucoup, alors qu’un de nos salariés anime un atelier mobile d’initiation au vélo en collaboration avec les mairies de Cenon et Floirac », pointe Olivier Michaud. Un signe que les politiques vélos n’avancent pas à même vitesses des deux côtés de la Garonne.


#Municipales 2026

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Photo : MB/Rue89 Bordeaux

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