Atmo France a lancé, lundi 30 mars, PhytAtmo Dataviz, une plateforme interactive destinée à visualiser la présence de pesticides dans l’air à l’échelle nationale. Accessible au grand public comme aux décideurs, cet outil s’appuie sur les données 2022-2023, avec des mises à jour annuelles prévues.
Contrairement aux polluants atmosphériques tels que les particules fines, il n’existe pas de seuils réglementaires pour les pesticides dans l’air, alors que leur présence dans l’eau et les aliments est contrôlée. L’objectif de la plateforme vise surtout à mieux comprendre l’exposition de la population et éclairer les politiques publiques, dans un contexte de préoccupations croissantes sur les effets sanitaires de ces substances.
37 substances détectées en Nouvelle-Aquitaine
À l’échelle nationale, environ un tiers des substances analysées ont été détectées en 2023, avec des niveaux variables selon les territoires et les périodes d’épandage. Certaines molécules, comme le glyphosate, sont relevées à des concentrations très faibles.

En Nouvelle-Aquitaine, la surveillance révèle qu’en 2024, 37 substances ont été détectées sur les 109 recherchées, principalement des herbicides, fongicides et insecticides.
« Les concentrations varient selon les types de cultures et les périodes de traitements : herbicides au printemps et à l’automne, fongicides en été. Ces résultats illustrent la diversité des usages agricoles dans la région », peut-on lire dans le communiqué de presse.
Parmi les substances fréquentes dans la région figurent le prosulfocarbe, un herbicide massivement utilisé en France et très décrié en raison de sa volatilité – il peut ainsi contaminer des cultures bio ou des jardins de particuliers, et se retrouver ainsi dan la chaine alimentaire alors que des inconnues persistent sur sa toxicité.
Une substance interdite depuis 25 ans, toujours dans l’air
Autres molécules retrouvées en grandes quantité : le folpel, un fongicide classé cancérogène possible pour l’homme par l’Union européenne, et soupçonné de perturber le système endocrinien, très courant dans les vignes. Ou encore la pendiméthaline, un autre herbicide, classée par l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire) « très toxique pour les organismes aquatiques », pouvant « entraîner des effets à long terme », et étant donc à ce titre « candidate à la substitution », c’est à dire à son remplacement.
L’Atmo détecte enfin toujours la présence de lindane, classée comme carcinogène possible et perturbateur endocrinien pour l’homme. Cette molécule est pourtant interdite depuis plus de 25 ans, illustrant la persistance de certains pesticides dans l’environnement.

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