Il est beau joueur, Nordine Raymond. Se revendiquant « homme de gauche », le candidat insoumis qui n’a pas franchi les 10% – synonyme de qualification pour le second tour –, et a proposé en vain une union avec Pierre Hurmic, appelle clairement à faire barrage au camp présidentiel :
« Il faut absolument éviter que le macronisme soit à la tête de la mairie de Bordeaux », a-t-il déclaré dans un communiqué de presse ce jeudi.
Le LFiste met en cause le candidat Thomas Cazenave, dénonçant des politiques « anti-sociales » et critiquant notamment sa proposition de supprimer l’encadrement des loyers.
« Renforcer la gauche »
Nordine Raymond regrette certes l’absence d’accord de second tour avec Pierre Hurmic, estimant qu’une telle alliance aurait permis de « créer une dynamique d’union capable de gagner » et de répondre aux attentes sociales, écologiques et démocratiques exprimées par les électeurs. Il surmonte cependant ce désaccord après le retrait de Philippe Dessertine de la course au Palais Rohan.
« Le retrait de Philippe Dessertine, et ses témoignages sur les pressions et coups bas qu’il a subi montrent la brutalité dont est capable le candidat macroniste. Je ne veux pas de ça pour ma ville ! », écrit Nordine Raymond.
Il annonce qu’il votera pour Pierre Hurmic dimanche, tout en affirmant vouloir poursuivre, dès le lendemain, un travail de fond pour « renforcer la gauche de rupture à Bordeaux » et défendre une ville « abordable, écologiste, antifasciste et humaniste ». Un soutien que ne manquera pas de critiquer Thomas Cazenave, qui accuse Pierre Hurmic d’alliance avec l’ « extrême gauche », à l’image de l’union à Bègles qui pourrait permettre l’élection d’un insoumis à la Métropole.
Simone chez Cazenave
Ce jeudi même, le candidat macroniste a de son côté annoncé le ralliement de Yves Simone – ancien candidat qui s’est retiré avant le dépôt de sa liste pour le premier tour. Le pacte a été scellé lors d’une rencontre devant le Grand Théâtre de Bordeaux, lieu symbolique pour le guide qui avait mis à son programme le projet de l’ouvrir au tourisme.
Surnommé « Monsieur Bordeaux », Yves Simone, trois fois candidat aux municipales, apporte ainsi son soutien après avoir partagé ses propositions pour le patrimoine dans un courrier adressé à tous les candidats, sans réponse du maire sortant Pierre Hurmic.
Thomas Cazenave et Yves Simone témoignent dans un communiqué d’ « une volonté sincère de préserver l’âme de la ville, de protéger son patrimoine exceptionnel et de valoriser son identité unique ». Parmi les pistes avancées : candidature au label « Capitale européenne de la culture », rénovation et mise en lumière des monuments et amélioration de l’accueil touristique.
Le guide touristique n’a pas spécialement brillé dans sa courte campagne, avec même quelques sorties de route à son actif : lors du débat au Girofard sur les droits des personnes LGBTQIA+, il avait critiqué les cours d’éducation sexuelle, qui « incitent les gamins à devenir trans quand ils sont jeunes, ça parait incroyable ». « Un faux argument des transphobes pour dire que l’éducation à la vie sexuelle et affective n’a pas sa place à l’école », avaient sèchement répliqué les organisateurs.
Lors d’un autre débat contre les discriminations, il avait été hué après avoir parlé de racisme anti-blanc – une expression fétiche de l’extrême-droite – et de racisme contre les chrétiens.

Chargement des commentaires…