Sabine, 39 ans. Alexandra, 27 ans. Sandrine, 58 ans… Et des enfants, Louise, 11 ans. Nina, 13 ans. Emma, 13 ans… Ou encore des anonymes, 87 ans, 72 ans, 77 ans… La liste est horriblement longue. Dans la nuit du 13 avril 2026, cent soixante-dix prénoms et leurs âges ont été collés sur un mur du quartier Bacalan à Bordeaux, près de l’arrêt de tram New York, un « mémorial » pour ces femmes et filles tuées en France en 2025.
« Ce sont 29 féminicides de plus qu’en 2024, qui enregistrait déjà une hausse de 11 % des féminicides conjugaux par rapport à l’année précédente, écrit dans son communiqué Collages Féministes Bordeaux. Ce décompte correspond à tous les meurtres (ou suicides forcés relayés par la presse) d’une femme en raison de son genre et ce, quel que soit son âge ou les circonstances. »
2025 devient ainsi une année « record » affirme le collectif, avec une femme qui meurt tous les deux jours sous les coups ou les violences d’un homme. Et déjà, en avril 2026, une quarantaine sont dénombrées.
« Des assassinats évitables »
« Elles avaient de 1 à 96 ans. Elles étaient issues de tous les milieux sociaux, elles étaient mères, grands-mères, soeurs, tantes, cousines, ou encore des adolescentes. Elles étaient infirmières, employées, chanteuses, assistantes maternelles, professeures, bénévoles d’associations, directrices d’écoles, gérantes de sociétés, retraitées, étudiantes, lycéennes, collégiennes, travailleuses du sexe, sans abri », écrit le collectif.
Le mémorial bordelais ne cherche pas à expliquer, mais à montrer – et invite à « s’y recueillir et déposer des fleurs ou des bougies ». Le geste du collage, apparu en 2019, s’inscrit dans une stratégie d’occupation de l’espace public. « Ces féminicides ne sont pas des statistiques, mais des assassinats évitables », rappelle le communiqué.
Le texte dénonce également les défaillances institutionnelles du « gouvernement Macron [qui] se targue de lutter contre les violences faites aux femmes alors que près de la moitié des plaintes restent classées sans suite (42 % entre 2018 et 2023 sur 800 000 victimes) ». À cette critique s’ajoute une colère plus large contre la répression de certaines mobilisations féministes et la place laissée à des groupes d’extrême droite dans l’espace public.


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