Plus de 200 avocats se sont rassemblés ce jeudi 2 avril à 13h30 devant la cour d’appel de Bordeaux à l’appel du Syndicat des avocats de France (SAF). Robes noires sur le dos, ils ont répondu à un appel à la grève générale, lancé par la Conférence des bâtonniers, qui représente les 163 barreaux de province.
Les avocats sont incités à cesser leurs activités, qu’elles soient pénales, civiles, commerciales, prud’homales ou administratives, à la seule exception de l’assistance éducative des mineurs. Les permanences et désignations au titre de l’aide juridictionnelle sont également suspendues.
Une soixantaine de barreaux sont déjà mobilisés, certains de manière totale, d’autres selon des modalités évolutives.
« Certains barreaux ont pris le parti de commencer à faire des petites grèves sur les SRPC [Sursis avec reconnaissance de culpabilité], pour donner l’exemple, avec une grève évolutive », précise Maître Stéphane Guitard, Bâtonnier du Barreau de Bordeaux.
Un plaider-coupable direct
La grève doit se poursuivre jusqu’au 13 avril 2026, date de passage en première lecture au Sénat du projet de loi SURE (« visant à assurer une Sanction Utile, Rapide et Effective). Le Garde des Sceaux, Gérald Darmanin, estime que cette réforme sur « la justice criminelle et le respect des victimes » permettra de désengorger les tribunaux et de traiter plus rapidement les dossiers criminels en souffrance – au nombre de 6000 –, tout en améliorant la lisibilité des décisions pour les victimes.
Ce projet s’attire les foudres d’une partie de la magistrature et des avocats. Dans sa motion, le Barreau dénonce un texte qui, « sous couvert de célérité et d’efficacité, sacrifie les fondements même du procès pénal criminel ». Selon lui, le mécanisme de plaider-coupable criminel et l’extension des cours criminelles départementales visent à optimiser les moyens existants sans créer massivement de postes supplémentaires.
L’introduction d’un plaider-coupable criminel concentre les critiques. Afin de gagner du temps, ce dispositif permettrait de juger les infractions les plus graves sur la base du seul aveu de l’accusé, sans passer par les assises, c’est à dire sans débat public, sans audition de témoins ni d’experts, et sans jury populaire – dont le principe existe depuis 1791.
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