De nouveaux fronts s’ouvrent dans le dossier de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse. Seize associations du Sud-Ouest ont adressé un recours gracieux aux préfets signataires de l’autorisation environnementale délivrée le 5 février 2026. Elles demandent le retrait pur et simple de cette décision administrative, qu’elles jugent « clairement illégale, à plus d’un titre ».
Ce recours, daté du 3 avril et adressé notamment au préfet coordonnateur du Grand projet du Sud-Ouest (GPSO), vise l’arrêté inter-préfectoral autorisant les travaux de défrichement et de débroussaillage préalables à la future ligne.
« Prioriser le réseau existant »
Les associations signataires – parmi lesquelles Les Amis de la Terre, la SEPANSO ou encore Stop LGV Bordeaux Métropole – articulent leur argumentation autour de deux axes : l’illégalité externe, liée à la procédure, et l’illégalité interne, portant sur le fond même du projet.
Leurs arguments sur ce dernier point ont reçu ce jeudi 9 avril le renfort de poids du COI (conseil d’orientation des infrastructures) : cet organe consultatif du gouvernement recommande de mener une actualisation des coûts, des études de trafics et socio-économiques ainsi qu’une évaluation complémentaire des impacts environnementaux et de leur compensation.
Surtout, le rapport du COI, commandité suite à la conférence Ambition France Transports, préconise de prioriser « l’accélération des investissements » sur le réseau ferroviaire existant, soulignant que les membres du conseil sont divisés sur la pertinence de ces lignes nouvelles.
Participation du public contestée
De quoi donc alimenter l’opposition des associations. Dans leur recours gracieux, elles formulent un premier grief majeur : le recours à une « participation du public par voie électronique » (PPVE) plutôt qu’à une enquête publique. Pour les requérants, ce choix constitue un « vice substantiel de procédure ». L’enquête publique précédente datant de 2014, soit plus de onze ans, est jugée « obsolète et caduque » au regard du Code de l’environnement.
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