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Quatre ans après l’invasion russe, les réfugiés ont « la tête en Gironde, et le cœur en Ukraine »

Ils sont arrivés en 2022, souvent avec peu de choses et beaucoup d’incertitudes. Quatre ans plus tard, sur les 1790 réfugiés qui vivent en Gironde, certains ont trouvé un équilibre, d’autres peinent encore à s’en sortir. Entre problèmes d’hébergement et déconvenues professionnelles, ils racontent leur vie loin de l’Ukraine, quatre ans après le déclenchement de la guerre à grande échelle.

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Quatre ans après l’invasion russe, les réfugiés ont « la tête en Gironde, et le cœur en Ukraine »
Arrivée à Bordeaux d’Odessa au début de la guerre, Olena tente depuis de reconstruire une vie malgré les difficultés administratives et matérielles

Fin janvier, cinéma de Mérignac. Beaucoup se pressent à l’entrée pour assister à la projection publique du documentaire « Cuba et Alaska », les surnoms de guerre de Yuliaa et Oleksandra, deux jeunes infirmières ukrainiennes engagées au front. Après une heure d’échanges avec le public, un homme se lève et témoigne :

« Je pense qu’on s’est croisés dans une ambulance militaire. J’étais déployé en Ukraine, dans la même région que vous. Un collègue était blessé en pleine opération. Je communiquais avec mon commandant à la radio… et c’est là que j’ai entendu Cuba sur la ligne de front. »

Les échanges se répondent. Tantôt en français, tantôt en ukrainien : ici, une jeune réfugiée originaire de Kharkiv remercie les deux combattantes pour leur engagement, voix tremblante ; là, une femme s’interroge : « Pourquoi ne portez-vous pas de croix rouge pour vous signaler ? ». Yuliia répond : « Parce que les Russes visent les médecins : le jour où l’on voudra mourir, on mettra des insignes. »

Dans la salle, certains ont fui l’Ukraine. D’autres sont venus marquer leur soutien. À plus de 2 500 kilomètres de Kyiv, la guerre semble suspendue entre les rangées de sièges en velours rouge.

Une diaspora toujours à l’action

Svitlana fait circuler le micro. Avec l’appui des bénévoles et l’équipe du cinéma mérignacais, elle a organisé cet événement caritatif. « Les fonds récoltés serviront à acheter des chauffages au diesel », précise-t-elle. L’associative détaille la manière dont l’armée russe, en pilonnant les infrastructures énergétiques ukrainiennes, plonge la population civile dans un hiver glacial.

Responsable de la Maison ukrainienne de Mérignac, elle est, pour nombre de réfugiés, une figure d’accompagnement de référence. Préfecture, rectorat, services sociaux : cette ingénieure en chimie moléculaire, exilée dans la capitale girondine depuis plus de vingt ans, est devenue un relais du quotidien. Entre deux rendez-vous, l’accueil du journaliste Cyrille Amoursky (reporter de guerre pour BFMTV, d’origine ukrainienne) et la fête de Pysanka (œufs de Pâques), elle continue de guider ses compatriotes. « C’est une course sans fin pour moi ! » lâche-t-elle avant de repartir sur le pont.

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