Il est 20h30 ce lundi 13 avril, Sylvain Tessier est en train de faire cuire des pâtes quand il voit arriver la police municipale dans sa rue. Le passage des agents est quasi quotidien depuis le démarrage l’année dernière d’un chantier important derrière chez lui – dans le quartier des Chartrons près des quais, le promoteur immobilier Norbert Fradin construit une résidence étudiante de plus de 300 logements.
Car les camions et engins de travaux sont obligés d’emprunter la ruelle, seule voie d’accès au chantier, mais sont régulièrement bloqués par des voitures garées près de l’entrée du site, où s’efface le marquage au sol signifiant l’interdiction de stationner. L’homme-trafic en charge de la circulation est donc fréquemment contraint d’appeler la police municipale pour faire enlever les véhicules gênants.
« Le problème, c’est que les travaux sont censés durer de 7h30 à 18h, pour ne pas gêner le voisinage, mais que les camions font fréquemment des manœuvres délicates jusqu’à 20h passée », explique Sylvain Tessier, dont la maison est à l’angle de la rue et de la voie d’accès au site de construction.
A la tête d’une association de quartier, ce quinquagénaire a plusieurs fois interpellé par le passé la mairie et la Métropole de Bordeaux sur les conditions dans lesquelles est conduit ce chantier. Les riverains s’étonnent notamment que malgré leur ampleur – 500 logements prévues entre l’opération de Fradin et celle voisine de la CDC et H’Nord –, ces projets n’aient pas donné lieu à une zone d’aménagement concertée (ZAC), permettant d’améliorer les accès et espaces publics, et de consulter les voisins.
« Police de merde »
Père de famille, chef de plusieurs entreprises (immobilier, escape games…), Sylvain Tessier décide donc de laisser ses pâtes pour toucher un mot aux trois agents municipaux dépêchés devant chez lui.
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