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« Blackground, Murmures des Mornes » : un parcours d’expositions pour remonter les mémoires esclavagistes enfouies à Bordeaux

À Bordeaux, jusqu’au 28 mars 2027, l’exposition collective Blackground, Murmures des mornes se déploie dans six lieux différents, du CAPC au Frac MÉCA, en passant par la Bibliothèque Mériadeck et le Musée d’Aquitaine. Réunissant une cinquantaine d’artistes internationaux, cette initiative d’ampleur explore les héritages de l’esclavage colonial et leurs prolongements contemporains à travers des œuvres qui interrogent la mémoire, les archives et les récits dominants.

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« Blackground, Murmures des Mornes » : un parcours d’expositions pour remonter les mémoires esclavagistes enfouies à Bordeaux
« Sans-titre » (2025) de Shaun Motsi au Capc

Dès l’entrée dans l’espace du Grand Verre au Frac Nouvelle-Aquitaine Méca, on est saisi par une œuvre au sol qui nous rappelle un motif connu, teinté de malaise. Quelques instants suffisent à notre mémoire pour qu’apparaisse alors le plan d’un navire négrier, avec l’agencement méthodique des corps dans la cale. Présente dans d’innombrables archives sur la traite atlantique, cette image surgit ici comme une gifle, rappelant la violence industrielle de l’esclavage.

Chorus of soil (2020) est une œuvre choc de Binta Diaw, une artiste italo-sénégalaise qui dénonce parallèlement le système du caporalato entretenu de nos jours par la mafia italienne, à savoir le recrutement illégal de travailleurs pour certaines productions agricoles du sud de l’Italie :

« L’exposition n’est pas seulement un projet mémoriel, elle se focalise aussi sur les conséquences contemporaines de l’esclavage et sur ses violences encore présentes aujourd’hui qui laissent de nombreuses traces », explique le commissaire Salma Mochtari.

Comment exposer l’héritage de l’esclavage et du colonialisme ? Comment rendre visible une histoire dont les traces sont partout présentes mais rarement regardées ? C’est à ces questions que tentent de répondre Salma Mochtari et Cédric Fauq avec Blackground. Murmures des mornes, un vaste projet qui se déploie simultanément au Frac MÉCA, au CAPC musée d’art contemporain de Bordeaux, au Musée d’Aquitaine, à la Bibliothèque Mériadeck, et bientôt à Zebra3 et aux Archives de Bordeaux Métropole.

Vue de l’exposition au Frac avec, au sol, Chorus of soil de Binta Diaw Photo : WS/Rue89 Bordeaux

Une « idée de résistance »

Si l’œuvre qui occupe quasiment tout le sol de la galerie perchée face à la Garonne interpelle le visiteur, d’autres œuvres sont tout aussi fortes. Dans Limbé (2021), Mathieu Kleyebe Abonnenc filme la danseuse et chorégraphe Betty Tchomanga dans une série de contorsions inspirées du limbo, danse associée à la mémoire de la traite atlantique et aux stratégies de survie des corps dans les cales des navires négriers.

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