C’est une conséquence du réchauffement climatique qui passe souvent sous les radars : l’élévation du niveau des océans et l’accélération de l’érosion entraînent aussi la disparition des seules traces permettant de reconstituer l’histoire des anciennes sociétés humaines qui peuplaient le littoral.
« L’érosion et le recul du trait de côte offrent une opportunité, car il serait impossible de réaliser des fouilles sous 6 mètres de dunes. Mais c’est aussi dramatique car elles condamnent irrémédiablement le patrimoine culturel et naturel à une destruction plus ou moins rapide, et nous imposent une course contre la montre perpétuelle sur tout le littoral pour répertorier les vestiges et lancer des fouilles », résume Florence Verdin.
Semis de vestiges
Cette archéologue à l’institut Ausonius de l’université Bordeaux Montaigne a piloté de 2020 à 2023 le projet Estran (érosion et sociétés dans le temps long sur les rivages de l’Aquitaine nouvelle). Elle même conduisait déjà depuis plusieurs années des fouilles sur la plage de l’Amélie, au sud de Soulac-sur-Mer (Gironde), préalables au chantier de réensablement hydraulique de ce site. La communauté de communes Médoc Atlantique a ainsi cofinancé dans ce cadre le programme de recherches archéologiques, avec la Région Nouvelle-Aquitaine, Bordeaux Métropole.
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