Le 18 mai dernier, le tribunal de Libourne condamnait un entraîneur du club de rugby de Saint-André-de-Cubzac à 12 mois de prison avec sursis et l’interdisait d’exercer toute activité avec des mineurs pendant 5 ans. Cinq joueuses du Racing club cubzagais (RCC), âgées de 16 à 18 ans, avaient dénoncé l’envoi de « messages inappropriés à caractère sexuels » par cet homme adulte, rappelle une des victimes dans un reportage d’Ici Gironde, ce mercredi.
Mais les jeunes filles, qui s’étaient constituées parties civiles, estiment avoir depuis été punies par leur club. Ce dernier a en effet annulé les entraînements de l’équipe cadette, interdites d’accès au terrain. Il a aussi limogé un autre coach, Benjamin Sala, présenté comme le « lanceur d’alerte », et qui explique à la radio publique s’être « battu pendant des mois contre cette omerta » :
« En parallèle, les langues se sont déliées sur les comportements du coach, fils du président, et on a tous appris des choses qui nous ont profondément choqués et qui auraient dû empêcher la mise en place de cet entraîneur dans la création d’une équipe de cadettes. Donc dès que j’ai questionné sur ces sujets-là, j’ai été ostracisé. »
« Cabale »
A Ici Gironde, Stéphane David, le président du club, affirme qu’il n’y a pas eu de « loi du silence », son fils ayant été écarté des entrainements « à la seconde même » où Benjamin Sala l’avait informé des messages qu’il envoyait aux joueuses.
Et il explique avoir « écourté la saison » des cadettes suite à une bagarre ayant éclaté entre parents lors d’une réunion de fin de saison. Le président du RCC avance même que ses dirigeants sont « victimes d’une cabale » de la part d’un « collectif qui souhaite diriger le club la saison prochaine », à l’approche d’une assemblée générale prévue fin juin.
Mais les joueuses et leurs parents lui reprochent surtout de ne pas avoir eu un mot de compassion envers les victimes lors du procès, puis de les empêcher de s’exprimer sur le sujet. Lors de rencontres qui se tenaient le 31 mai à Saint-André-de-Cubzac, il a ainsi demandé aux gendarmes de réquisitionner une banderole « soutien aux cadettes du RCC » que celles-ci entendaient déployer…
Combat
Plusieurs clubs de Gironde ont témoigné de leur solidarité sur les réseaux sociaux, notamment celui de Pessac. ce dernier rappelle que les faits condamnés par le tribunal de Libourne sont « d’une extrême gravité et ne représentent en aucun cas les valeurs du rugby féminin », et qu’il est « essentiel d’apporter [son] soutien aux victimes ».
« Malgré tout ce qu’elles ont traversé, ces jeunes joueuses continuent de faire preuve d’un courage, d’une dignité et d’une détermination remarquables. Elles ont poursuivi leur engagement sportif malgré l’absence de soutien de leur club, qui a choisi de les écarter des entraînements à l’approche des finales de terroir disputées [le 31 mai dernier]. Leur combat mérite d’être entendu, respecté et soutenu ! »

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