Depuis près de 5 heures ce lundi 1er juin, le conseil municipal de Bordeaux débat à fleurets mouchetés. Majorité et opposition se divisent sur la gestion du dernier épisode de canicule – la seconde reprochant à la mairie de ne pas avoir ouvert un lieu de répit pour les sans-abri -, sur les mesures d’adaptation au réchauffement climatique – salles climatisées ou pas dans les écoles ? -, sur celui des chaises de la place des Capucins. Ou encore sur le chronomètre qui désormais affiche la limite de 5 minutes pour chaque prise de parole.
Quand soudain, à 19h bien sonnées, les échanges se tendent. A la faveur de la présentation sur le très technique compte financier unique, document qui fusionne les comptes administratifs et de gestion des collectivités, les élus d’opposition fustigent la décision de la municipalité de ne pas reconduire son adhésion à 21 associations dont était jusqu’alors membres la Ville de Bordeaux.
« Des arbitrages qui, avec des arguments techniques d’économie, révèlent des choix politiques, sans que les raisons et les critères soient expliqués », déplore le socialiste Mathieu Hazouard.
Démonétisée
Parmi ces organismes ciblés figurent notamment l’Anvita (association nationale des villes et territoires accueillants), auquel la mairie versait 5000€ par an. En éditant des guides et des manuels à destination des élus locaux sur l’accueil des migrants, l’Anvita contribue pourtant, selon la gauche municipale, à « les outiller contre les phénomènes de rejet » agités par l’extrême droite.
« Ce n’est pas simplement un choix budgétaire : en refusant de subventionner la Gemme, une des monnaies locales de France les plus dynamiques, vous signez la fin d’une association qui permet pourtant de dynamiser le commerce local », regrette Didier Jeanjean, du groupe écologie et solidarité.
« Les montants en jeu ne sont pas négligeables », concède Ludovic Bousquet, adjoint en charge de l’administration générale et des ressources humaines : 13000€ d’adhésion à l’association et 20000 de subvention dénoncées par la mairie. Il contrebalance ces chiffres à ceux des commerçants et utilisateurs de la Gemme, « assez faibles », sans toutefois expliciter outre mesure les critiques de fond à cette monnaie locale.
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