La vie culturelle locale connait un nouveau coup dur après les coupes budgétaires. Par un arrêté pris le 26 juillet, la préfecture interdit jusqu’au samedi 8 août à 6h l’ensemble des manifestations culturelles – et sportives – en Gironde et dans les Landes, une mesure destinée à ne pas mobiliser des moyens de sécurité déjà largement engagés dans la lutte contre les incendies et à protéger la population.
Parmi les premières conséquences figure l’annulation du festival Musicalarue ; la 36e édition devait se tenir à Luxey du 31 juillet au 2 août 2026. Les organisateurs, « le cœur lourd », estiment que « les conditions indispensables à l’accueil du public ne sont désormais plus réunies », à cause des événements en cours. Le festival Fort Décibel, prévu au Fort Médoc à Cussac-Fort-Médoc les 7 et 8 août, a lui aussi annoncé l’annulation de sa 2e édition. Les organisateurs expliquent qu’ « aucun report ni changement de plan n’est réalisable », le montage du festival étant suspendu et plusieurs prestataires se trouvant dans des zones évacuées.
« Les incendies ne sont plus des événements exceptionnels »
Pour la CGT-Culture, cette situation illustre un changement profond auquel le ministère de la Culture doit désormais s’adapter. Dans un communiqué diffusé ce lundi, le syndicat rappelle que les feux de forêt « ne sont plus des événements exceptionnels ni limités à quelques territoires ».
« Avec le dérèglement climatique, les incendies sont plus précoces, plus fréquents et plus intenses », souligne l’organisation syndicale, qui estime indispensable d’anticiper les mesures de prévention afin de protéger « les personnels, les prestataires, les visiteuses et visiteurs, les usagères et usagers, les collections et les bâtiments ».
La CGT-Culture demande notamment que les agents empêchés de rejoindre leur lieu de travail ou dans l’impossibilité de télétravailler ne soient pas sanctionnés. Elle réclame également le placement en autorisation spéciale d’absence (ASA) des agents contraints d’évacuer leur domicile, des personnes vulnérables ou en situation de handicap, ainsi que la mobilisation des services sociaux pour faciliter les relogements et la prise en charge des nuitées d’hôtel lorsqu’elles ne sont pas couvertes par les assurances.
Face aux fumées provoquées par les incendies, la CGT demande aussi des mesures de protection sanitaire : suivi de la qualité de l’air, distribution de masques FFP2 et, si nécessaire, fermeture anticipée des sites culturels les plus exposés.


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