Petite leçon d’histoire pour commencer. Juché sur un muret, Guillaume Méziat, comédien de la compagnie Le Petit Théâtre de Pain, s’adresse à la vingtaine de spectateurs qui composent le premier des cinq groupes. En ce dimanche 7 juin, tous sont venus assister à Les Gens d’ici, une déambulation théâtrale proposée le temps d’une seule journée. L’on apprend alors que le nom Villenave-d’Ornon vient du gascon vila nava, qui signifie « ville neuve », et le complément renvoie à l’ancien comté d’Ornon, une importante seigneurie médiévale située au sud de Bordeaux.
La commune s’est développée à partir d’une mosaïque de hameaux et de domaines agricoles plutôt que d’un centre unique. Et le quartier du Bocage, où débute cette déambulation sous un franc soleil, était, lui aussi, jusqu’au début des années 2000, essentiellement composé de terres agricoles, de prairies humides et de parcelles bordées de haies, en lisière de la vallée de l’Eau Blanche.
Ce paysage façonné par les zones humides a laissé place à une urbanisation récente qui a conservé le nom de « Bocage » comme un clin d’œil à son histoire. Quelques haies, des fossés, des espaces verts rappellent encore cette mémoire paysagère. Mais le décor a profondément changé.

Paroles d’habitants
Après ces références historiques sérieuses sur un ton de saltimbanque, le comédien entraîne son groupe sur près de deux kilomètres, reliant les quartiers du Bocage, de Courréjean et de Geneste. La grappe de spectateur s’étire entre les immeubles et se regroupe devant les saynètes jouées par les habitants du quartier. Sur la terrasse d’un bar, une dame cherche le point dépôt des colis pour expédier un chat récalcitrant. Là, une habitante communie avec les oiseaux – les spectateurs – en chantant et en leur jetant des bonbons.
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