Les opposants à la ferme-usine de Pure Salmon retrouvent de la niaque. Avec l’élection de Karine Coustolle à la mairie de Saint-Vivien-de-Médoc – son prédécesseur Jean-Pierre Dubernet était partisan du projet –, ils ont enfin droit à un lieu dans lequel tenir une réunion publique. Ce mercredi 9 septembre, 300 personnes, largement plus que la capacité de la salle des fêtes, se sont retrouvées pour la présentation à la presse du nouveau collectif d’élu·es : No Salmon.
Sur les 35 d’élu·es qui le composent, une quinzaine sont présents. « On ne nous a pas demandé notre avis, aujourd’hui on le donne et c’est non », s’affiche en grand sur l’écran au fond de la salle.
La nouvelle maire de Saint-Vivien accueille ses hôtes comme il se doit, rappelant qu’en juin dernier, son conseil municipal a voté à bulletin secret une motion contre le projet, par 14 voix contre 5.
« La mariée était trop belle »
Le collectif No Salmon entend désormais montrer que l’opposition au projet ne se résume pas aux associations environnementales ou à des militants étrangers au territoires. Ses membres viennent de 11 communes du Médoc et appartiennent aussi bien à des majorités qu’à des oppositions municipales.
« On a contacté les élus de la CDC – plus de 200 – et beaucoup ne connaissaient pas vraiment le dossier. Ils ont voté pour parce qu’on leur disait qu’il fallait être pour, d’autres ne voulaient tout simplement pas désavouer leur maire », explique Marc Porcheron, élu à Saint-Vivien.
Karine Coustolle affirme qu’elle, ancienne conseillère de l’opposition, et plusieurs élus avaient appris par la presse que leurs maires approuvaient le projet, présenté comme une évidence en raison des 250 emplois annoncés et de promesses de rénovation des infrastructures routières et ferroviaires. « La mariée était trop belle », conclut-elle. Pour le collectif, Pure Salmon pose autant des questions industrielles et environnementales que démocratiques.
L’objectif est désormais de faire grandir ce réseau, qui s’étend déjà au-delà de Médoc Atlantique et doit, selon ses initiateurs, rejoindre d’autres collectifs d’élus en cours de création, notamment sur la rive droite : « Un collectif royannais est en train de se constituer. »
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