Mécanismes pour une entente : Traces d’une traversée
Culture 

Mécanismes pour une entente : Traces d’une traversée

actualisé le 20/03/2014 à 23h27

A la gare Saint-Jean, vernissage de l'exposition (photo Frédéric Desmesure)

A la gare Saint-Jean, vernissage de l’exposition (photo Frédéric Desmesure)

Jusqu’au 5 avril, on peut découvrir à Bordeaux la restitution du projet artistique européen Mécanismes pour une Entente. Deux expositions et de multiples rencontres invitent à vivre l’after du périple qui a entraîné une trentaine d’artistes et chercheurs sur les rails d’une ligne fantôme en Europe centrale.

Les étudiants qui gèrent le Café Pompier, haut-lieu de la vie estudiantine des Beaux-Arts, n’en sont pas revenus : vendredi soir, la moyenne d’âge des clients avait fait un bond de quelques années Les DJ’s habituels et l’électro étaient remplacés par les costumes brodés et la musique traditionnelle du groupe venu, de Şarişské Jastrabie (Slovaquie), dont certains affichent gaillardement septante et quelques années sans que cela nuise le moins du monde à leur belle énergie dans la danse et le chant.

Le Café Pompier était, ce soir-là, la dernière étape du vernissage de la « Dernière gare » du projet Mécanismes pour une entente, initié par Tomas Matauko et Marta Jonville – association PointBarre –, qui pose ses valises à Bordeaux jusqu’au 5 avril. Avec une installation à la gare Saint-Jean, une exposition à la fabrique Pola où PointBarre est installée, et une myriade de conférences, débats et événements.

Prenez le train de l’expo !

Ça démarrait donc à la gare, vendredi 14 mars, autour de la cartographie retraçant le périple du projet artistique européen qui a conduit une trentaine d’artistes, de cinq nationalités différentes, de Bucarest à Varsovie via Cluj, Budapest, Kočice, Plaveč, Cracovie et Varsovie, sur la piste d’une ligne de train disparue et ressuscités symboliquement. Télescopage entre discours, danses et chants slovaques et poèmes criés du « Rufer » (crieur) Sylvestre Leservoisier.

« Télescopages » est d’ailleurs le mot juste pour décrire l’exposition présentée à la fabrique Pola, où photographies, vidéos, sons et objets invitent à partager la traversée. Comment restituer visuellement un projet de deux ans, et un parcours collectif de deux mois ? Ce que font Łukasz Białkowski, commissaire de l’exposition, Tomas Matauko et Marta Jonville, c’est semer des indices, visuels, filmés, sonores. Plusieurs accès sont proposés à qui veut prendre le train : les montages photographiques, les interviews ou extraits filmés, les textes théoriques sur la complexité de « faire ensemble », et les différents numéros de Deadline, magazine du projet. Plutôt que sur des objets, l’accent est mis sur des traces, multiples, disparates, complexes, laissant à l’imaginaire de chaque visiteur le soin de refaire un voyage qui ne se laisse pas résumer et apprivoiser en une exposition, fut-elle aussi dense que celle-ci. Le parti pris est de restiteur une « suclpture sociale », un processus, plutôt que des productions.

Vernissage au Polarium (photo Frédéric Desmesure).

Vernissage au Polarium (photo Frédéric Desmesure).

Stations au pluriel

En place jusqu’au 5 avril, l’exposition au Polarium – lieu d’exposition de la fabrique Pola dont elle essuie les plâtres –, fera l’objet de visites commentées. Entre temps, des rendez-vous quasi-quotidiens ponctuent cette restitution, avec les artistes du projet actuellement présents à Bordeaux.

Citons parmi eux les conférences données par le sociologue polonais Jan Sowa à Bordeaux 2, le vernissage des travaux d’Agathe Tournier, architecte et Frédéric Desmesure à Sun 7 (mardi 18 mars), la présentation de Deadline et la projection du film de Seydou Grépinet dans le même lieu le lendemain, la conférence sur « L’art engagé » le 25 mars au Poulailler de Bègles… Et, en clôture, le 5 avril, la performance de Paul Maquaire et Marek Mardosewicz à L’Escale du Livre proposée par l’association Nak 1 œil.

Signalons aussi des ateliers ouverts au public organisés par les étudiants des Beaux-arts dans le cadre de l’École de Nuit ; mouvement de protestation contre la nomination d’une nouvelle directrice qui verra intervenir plusieurs des artistes et chercheurs participants.

Le train prend encore des voyageurs ! Et pour laisser la parole au poète, Sylvestre Leservoisier en l’occurrence : Terminus n’est pas terminal, Terminer n’est que subliminal…

L'AUTEUR
Valérie de Saint-Do
Ancienne journaliste aux pages culture de Sud-Ouest, puis rédactrice en chef de la revue Cassandre/Horschamp jusqu'en juillet 2012. Résidente du projet "Mécanismes pour une entente”, elle y a dirigé le magazine Deadline.

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