Reggae Sun Ska : 12 raisons de foncer au campus
Culture 

Reggae Sun Ska : 12 raisons de foncer au campus

90000 personnes sont attendues du 31 juillet au 3 août (Photo ReunYreuN/flickr/CC)

90000 personnes sont attendues du 31 juillet au 3 août (Photo ReunYreuN/flickr/CC)

Pour la première fois, le Reggae Sun Ska, plus gros festival de Gironde, élit domicile dans l’agglomération bordelaise. 90000 personnes sont attendues de jeudi à dimanche sur le campus de l’Université. De Madness à l’université populaire « reggae et luttes sociales », voilà 12 bonnes raisons d’y aller, sous forme d’abécédaire.

Cub va rimer avec dub. Pendant 4 jours, et 80 concerts, la métropole bordelaise va vibrer aux sons de la Jamaïque. Pour la première fois en 17 ans d’existence, le Reggae Sun Ska déserte en effet le Médoc pour s’installer sur le campus de Bordeaux. De jeudi à dimanche, 90000 personnes (15000 le jeudi, 25000 les autres soirs) sont attendues sur les pelouses de l’université (de 22 euros la journée de jeudi à 99 euros le pass 4 jours). Pourquoi les organisateurs ont-ils déménagé du plus gros festival girondin ? Comment y aller ? Quels sont les concerts à ne pas manquer ? Voici les infos essentielles en quelques mots clés.

Affiche

One step beyond ! Le RSSka peut se vanter d’avoir décroché la seule date en France cette année de la légende britannique du ska, Madness. D’autres vieilles gloires seront aussi de la partie, comme les Skatalites, U-Roy ou Bunny Wailer. Patrice, Shaggy ou Tiken Jah Fakoly, dont la notoriété dépassent le cercle des initiés, devraient aussi attirer les foules. Mais Fred Lachaize, directeur du festival, recommande quelques stars jamaïcaines rarement visibles en France, comme Protoje and the Indiggnation ou Chronixx.

Créé en 1976, Madness, le groupe britannique de phare du ska, est au programme du festival (DR)

Créé en 1976, Madness, le groupe britannique phare de la musique ska, est au programme du festival Reggae Sun Ska le vendredi 1er août (DR)

Bob

Aucun Marley ne sera présent cette année puisque Daniel Bambaata, petit fils du pape du reggae, a annulé. Non, femme ne pleure pas, non, femme ne pleure pas : il sera remplacé par Pablo Moses pour un concert exceptionnel vendredi soir.

Campus

17 ans, c’est souvent l’âge auquel on rentre à l’université, et le RSSka n’y coupe pas, après 16 éditions dans le Médoc.

« C’est avec un petit pincement au cœur que pour la première fois on ne sera pas sur notre territoire, confie Fred Lachaize. Mais contrairement à ce qui se dit ici ou là, on n’avait ni l’envie de partir ou de grossir. Au contraire, on a même réduit la jauge à 90000 spectateurs sur quatre jours, contre plus de 100000 précédemment. Mais nous avons eu de gros problèmes de qualité d’accueil l’année dernière à Pauillac, avec la tempête qui 5 jours avant avait endommagé 60% des arbres sur le site du camping, et des festivaliers qui se sont retrouvés au milieu d’un chantier. Finalement, on a l’impression que le cadre change peu, qu’il est toujours verdoyant avec 22 hectares de prairie ou de terrains de sports, et des pins ! Nous avons d’autres interlocuteurs, trois municipalités (Gradignan, Pessac et Talence) et deux université,s avec lesquels on a trouvé des réponses en un minimum de temps. Le gros avantage, c’est que nous aurons 7500 places de parking sur le site, et non plus à 6 kilomètres de celui-ci, et des trams et des trains qui desservent le festival (voir transport). »

Dancehall

C’est l’une des nouveautés de cette 17e édition du Reggae Sun Ska : il propose six scènes, dont une consacrée au son de Kingston d’aujourd’hui, le dancehall. Les DJ de soundsystems réputés promettent des soirées très chaudes, selon Fred Lachaize.

Economiques (retombées)

« Environ 800 000 euros sont directement injectés localement par le festival via la participation de prestataires et sociétés présents sur la Cub, estiment les organisateurs. 70% des festivaliers font des achats dans les commerces de proximité pour un montant avoisinant les 1,5 million d’euros. »

Du côté de Pessac,  les commerçants des alentours ont été incités à rester ouvert pendant toute la période, explique le maire Franck Raynal :

« Les commerces de proximité le long du domaine universitaire, de Saige et de la zone commerciale de Bersol devraient bénéficier de l’affluence des festivaliers, estime le maire Franck Raynal. Le festival offre également une belle visibilité médiatique internationale à la Ville. C’est aussi l’occasion pour Pessac de faire découvrir ses atouts aux festivaliers : un cadre de verdure, son dynamisme culturel, une ville étudiante… »

Les organisateurs rappellent qu’une délégation de ministres jamaïcains s’était déplacée l’an dernier dans le Médoc.

Festival off

La ville de Pessac va vibrer avec le RSSka : tous les jours pendant le festival, au bar-brasserie Le Central, dès 10h du matin pour les petits déjeuners sur la terrasse, le DJ Lou Faya Sound System passe des galettes. Et le cinéma Jean Eustache s’est mis au diapason, avec une programmation spéciale de 8 films autour du reggae, dont Rasta Rockett. 

Suite à l'annulation de Daniel Bambaata Marley, Pablo Moses sera au Reggae Sun Ska le vendredi 1er aout (DR)

Suite à l’annulation de Daniel Bambaata Marley, Pablo Moses sera au Reggae Sun Ska le vendredi 1er août (DR)

Hébergement

Attention, l’aire de 10 hectares, et ses 10000 emplacements de tentes, ouverte en face du site du festival, est déjà complète, si vous n’avez pas déjà votre pass camping à 10 euros (même prix qu’on reste un ou 4 jours). D’autres solutions d’hébergement sont consultables sur le site du RSSka.

Intermittents

Le Reggae Sun Ska sera-t-il animé/perturbé par la lutte des intermittents ? Si une AG quotidienne du mouvement aura lieu tous les jours, des interventions et des moments de débat avec le public sont d’ores et déjà au programme : un petit film sera diffusé sur les écrans géants des scènes pendant les changements de groupes ; la coordination des intermittents et précaire (CIP) fera régulièrement des prises de parole ; et des conférences-débats de l’université populaire auront lieu à 16h en dehors du site du festival le vendredi et le samedi, et sur le site le samedi (16h). Le thème : « reggae et lutte sociale ». Burnin’ and lootin’…

Médoc

Si le Reggae Sun Ska a provisoirement quitté son terroir (voir à Campus, plus haut), l’association organisatrice du festival, toujours implantée à Macau, n’oublie pas ses racines : elle a lancé le Summer Médoc Festival, avec deux journées de concerts à Cissac, le 19 juillet dernier et le 14 août prochain, « pour parer à la carence culturelle sur ce territoire », souligne Fred Lachaize. « Et on a toujours l’objectif de trouver et d’aménager un site pour accueillir durablement le reggae Sun Ska. Bordeaux est pour nous une étape de transition. »

Le festival né dans le Médoc fête sa 17ème édition à Bordeaux (DR)

Le festival né dans le Médoc fête sa 17e édition à Bordeaux (DR)

Riverains

Plusieurs réunions ont été organisées dans les communes où se déroule le festival pour informer les voisins afin de limiter les nuisances. « Une communication spécifique a été mise en place avec une réunion publique, un flyer, la mise en place d’une infoline riverains », le 07 88 12 28 55, rappelle Franck Raynal…

Sécurité

La préfecture a prévu de déployer 200 fonctionnaires de police autour du site du festival, soit le tarif habituel pour un évènement de cette ampleur, ni plus ni moins. Des CRS seront aussi présents sur la rocade. Un dispositif particulier sera également mis en place sur les quais, pour encadrer les fêtards qui viendraient y finir la nuit. Est aussi prévue ma possibilité d’évacuer le site du campus en cas d’intempéries ou d’orage, et d’accueillir les festivaliers au parc des expos ou dans les locaux du Crous, sur place.

Transports

Big up à TBC, qui offrira aux festivaliers un service 23 heures sur 24 ! La ligne B du tram fonctionnera en effet jusqu’à 5 heures du matin, avec un Pass évènement Reggae Sun Ska (2 euros par jour). Et pour rallier les gares de Bordeaux-Saint-Jean et de Pessac, la région Aquitaine propose un billet « Fest’TER » moitié prix. Zion train !

L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, rédacteur en chef de Rue89 Bordeaux

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