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Lignes de faille/Contact : le match de la rentrée théâtre
Culture 

Lignes de faille/Contact : le match de la rentrée théâtre

par Simon Barthélémy.
Publié le 15 octobre 2014.
Imprimé le 28 novembre 2021 à 15:28
7 332 visites. 1 commentaire.
"Lignes de faille", mise en scène par Catherine Marnas, actuellement au TNBA (Photo SB/Rue89 Bordeaux)

« Lignes de faille », mise en scène par Catherine Marnas, actuellement au TNBA (Photo SB/Rue89 Bordeaux)

La saison théâtrale démarre en fanfare. Catherine Marnas se présente au TNBA, qu’elle dirige, avec sa pièce phare, « Lignes de faille », de Nancy Huston, jusqu’au 23 octobre. Et « Contact », le nouveau spectacle de Philippe Decouflé, assure la rentrée du Carré, à Saint-Médard, du 16 au 19 octobre. Les metteurs en scène nous en parle.


« Lignes de faille », première de Catherine Marnas au TNBA

La nouvelle directrice du TnBA (théâtre national de Bordeaux Atlantique) tenait à se présenter avec sa « famille d’acteurs » devant le public bordelais avec « Lignes de faille ». Catherine Marnas a en effet elle-même adapté le roman éponyme de la franco-canadienne Nancy Huston, avec l’aide de cette dernière, emballée par la version scénique.

La pièce, d’abord créé à Gap en 2011, raconte 60 ans de la vie d’une famille, remontant le temps de la chute de Saddam Hussein au bombardement de Dresde. « Lignes de faille » entremêle ainsi la grande Histoire au récit de quatre générations, vue à quatre époques différentes par les yeux d’un enfant de 6 ans – de Sol qui depuis San Francisco s’intéresse sur Google aux tortures américaines en Irak, à Kristina, qui découvre pendant la débâcle allemande que sa famille allemande l’a adoptée. Des enfants bien sûr incarnés sur scène par des adultes, dans des numéros d’acteurs.

« 6 ans, c’est l’âge du traumatisme pour Nancy Huston, qui a été abandonnée par sa mère, un âge où l’on est encore sous le pouvoir des adultes, où on ne comprend pas encore grand chose au monde », explique Catherine Marnas.

Et cette vision du monde adulte touche particulièrement les gens, assure-t-elle :

« Tout le monde se sent concerné par ce qu’elle dit de l’enfance. Le spectacle a beaucoup tourné, et il sera notamment présenté en mars au théâtre du Rond-Point, à Paris. On ne pensait pas qu’il aurait une telle vie ».

La metteuse en scène incite donc le public à ne pas s’effrayer de la durée du spectacle, 4 heures, qui passent en fait comme une mini-série de 4 épisodes :

« On voit les personnages rajeunir, évoluer, on s’attache à eux. C’est un vrai voyage, car ce n’est pas facile de laisser son quotidien derrière soi, et la longueur de la pièce permet de se laisser aller. »

Y aller

Jusqu’au 23 octobre au TNBA, de 9 à 25 euros.05 56 33 36 80.

Les 5 et 6 novembre sur la Scène nationale de Bayonne et du Sud Aquitain.

A venir au TNBA

Dans le cadre du festival Novart, Catherine Marnas recommande chaudement « Loser (ou The Party) » de l’auteur et metteur en scène hongrois Arpad schilling, qui se déroule dans une petite ville où l’art et les idées critiques se voient muselées. « Une réponse artistique et civique à la Hongrie de Viktor Orbán, et son nationalisme effréné, au cœur de l’Europe ». Les 28 et 29 novembre.

"Contact", de Philippe Découflé, au Carré de Saint-Médard-en-Jalles (DR)

« Contact », de Philippe Découflé, au Carré de Saint-Médard-en-Jalles (DR)


« Contact », la dernière folie de Decouflé

Le Carré de Saint-Médard est la deuxième étape de la tournée de « Contact », avec quatre représentations de jeudi à dimanche. La dernière création de Philippe Decouflé vient tout juste d’être présentée au Théâtre national de Bretagne, à Rennes. Avec ce spectacle, le chorégraphe et metteur en scène réalise « un vieux rêve » :

« J’ai découvert la danse par les comédies musicales, tous les Fred Astaire, les Gene Kelly, West Side Story… Je voulais rendre une espèce d’hommage à ce genre, spectacle total, car on y danse, on y chante, on y joue la comédie. Et c’est la principale nouveauté par rapport à mes créations précédentes, c’est que tous les danseurs ont dû prendre des cours de chant ! Après c’est un grand mélange comme je le fait toujours, à la recherche de formes nouvelles, associant la vidéo, les effets d’optique, les costumes et la musique écrite et jouée en direct par Nosfell. »

La trame de « Contact » est inspirée du Faust de Goethe, traduit par Gérard de Nerval, et de l’interprétation qu’en a faîte Bran de Palma dans son musical rock, « Phantom of the paradise ».

« Ce qui nous intéressait, c’était de montrer un homme déchiré entre le bien et le mal, tenté de vendre son âme au Diable pour son désir d’absolu, à savoir calculer la surface de Dieu.  L’histoire se lit entre les lignes mais on peut prendre tout ça comme un énorme divertissement pour petits et grands. »

A l’écriture sur scène, dans le rôle de Faust, on retrouvera avec joie Christophe Salengro, président grolandais et fidèle complice de Decouflé, au milieu de 13 danseurs et deux musiciens. Pour le chorégraphe, rendu célèbre par des cérémonies ayant mobilisé des centaines de figurants (le bicentenaire de la Révolution française, l’ouverture des Jeux Olympiques d’Albertville), mais soucieux de travailler avec sa petite troupe, c’est désormais une limite !

Y aller

Du 16 au 18 octobre, à 20h30. De 20 à 30 euros. Attention : la représentation du dimanche 19 octobre initialement prévue est annulée pour raisons techniques. Les spectateurs sont invités à échanger ou se faire rembourser leurs places à la billetterie du Carré de Saint-Médard-en-Jalles. 05 57 93 18 93 ou 05 56 95 49 00.

A venir au Carré/Colonnes

« Le moral des ménages », du 28 au 30 novembre, est à biffer tout de suite dans vos agendas. D’abord pour y voir Mathieu Amalric en artiste raté, drôle et paumé, dans une adaptation d’un roman de Eric Reinhardt. Ensuite parce qu’il sera l’occasion d’une carte blanche à Amalric avec une sélection de films sur les relations entre théâtre et cinéma, le 28 novembre. Enfin parce que cet évènement marquera le retour des spectacles aux Colonnes, après un an de travaux pour l’extension et la rénovation de la salle.

Article actualisé le 15/10/2014 à 10h22
L'AUTEUR
Simon Barthélémy
Simon Barthélémy
Journaliste, cofondateur de Rue89 Bordeaux

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