Les amazones à l’assaut de la précarité énergétique
Société 

Les amazones à l’assaut de la précarité énergétique

Patricia Spagnolo et Nathalie Samson dans leur maison en paille. (Photo Alter Amazones)

Patricia Spagnolo et Nathalie Samson dans une maison en paille qu’elles ont construite.  (Photo Alter Amazones)

Alter Amazones, c’est un peu le David de la rénovation de l’habitat face au Goliath des professionnels du bâtiment. Avec leur bureau d’études associatif, Nathalie Samson et Patricia Spagnolo vont à la rencontre des Girondins depuis quatre ans pour leur parler de transition écologique de leur maison. A l’occasion des Assises de l’énergie, qui se tiennent cette semaine à Bordeaux, premier volet d’une série sur les initiatives locales en pointe sur ce sujet.

Elles proposent des solutions techniques simples aux problèmes d’économie d’énergie basées sur des matériaux biosourcés – « sains et naturels qui n’impactent pas la santé et possèdent une meilleure longévité que les matériaux conventionnels », précise Nathalie Samson –, mais aussi des astuces et informent sur les aides fiscales.

Leur souhait est surtout de rendre propriétaires et locataires acteurs de leur logement et de créer des liens dans les quartiers. Dans le cadre de leur projet Eco-logis, soutenu par la région, elles accompagnent des voisins béglais dans l’amélioration de leur habitat tout en créant des synergies. « Nous voulons que les personnes s’investissent et s’entraident », estiment les Alter Amazones qui allient écologie et social.

Les fondatrices de l'association font le point après l'utilisation de la mallette par des particuliers (Photo Philippe Besnard)

Les fondatrices de l’association font le point après l’utilisation de la mallette par des particuliers (Photo Philippe Besnard)

Plus de chaleur, moins de frais

A regret, elles constatent que ce qui touche à l’amélioration de l’habitat « ne fait pas partie des préoccupations premières des gens. Ils s’inquiètent surtout de savoir comment ils vont payer leurs factures ». Et pourtant, s’intéresser à son habitat peut générer des économies… Elles n’acceptent pas que l’on puisse vivre dans une pièce mal éclairée, un courant d’air dans les jambes ou une maison humide.

« Les solutions alternatives, naturelles et efficaces existent sans avoir besoin d’engager des frais », insistent-elles.

Patricia enrage :

« la première chose que les gens font en achetant, c’est changer les fenêtres… Ce n’est pas une priorité et cela peut créer des désordres ! »

C’est ce qu’elles essaient de transmettre. Elles ont d’ailleurs conçu une mallette « santé dans l’habitat » – à disposition dans les mairies qui en font la demande – permettant aux occupants de mieux connaître leur logement. Taux d’humidité, température ambiante, courants d’air, luminosité, niveau sonore sont autant d’éléments qui peuvent facilement être connus. Elles souhaitent ainsi réduire la distance entre les habitants et leur lieu de vie.

Les fourmis bossent aussi

Depuis cinq ans, l’association les Fourmis dans le Compteur développe un projet à Gradignan et Talence. Il s’agit de rénover une quinzaine de maisons du quartier Malartic et du Hameau de Russac grâce à une organisation collective, une réflexion cohérente sur les économies d’énergie via une rénovation énergétique globale et l’utilisation d’énergies renouvelables.Les Fourmis présenteront leur démarche lors des Assises de l’énergie.

Pour cela, elles font la promotion d’équipements efficaces à poser soi-même : rideau thermique, réflecteur de chaleur radiateur, film isolant et vitrage, joint de calfeutrement porte et fenêtre, prise coupe téléviseur… Avant même d’envisager des travaux. Les Béglais chez qui elles sont intervenues ont constaté une augmentation de la température dans les pièces équipées de 2 degrés et une économie sur la facture entre 100 et 200 € par an avec ces aménagements.

Dans le cadre de travaux, elles incitent également les propriétaires à avoir recours à des matériaux biosourcés. Mais face au petit nombre d’éco artisans et au manque d’informations, elles ont l’impression de prêcher dans le désert et de ne pas être considérées par les professionnels du bâtiment.  Un label « bâtiment biosourcé » a pourtant été créé par décret fin 2012.

L'AUTEUR
Orianne Dupont
Orianne Dupont
Journaliste en presse écrite et pragmatique, toujours à la recherche d'infos visant à améliorer le quotidien des travailleurs, des femmes, des enfants, des Bordelais... et des autres. Bref, en quête perpétuelle du bonheur pour tous !

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