Pesticides : le nouveau plan Ecophyto déçoit
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Pesticides : le nouveau plan Ecophyto déçoit

Épandage de pesticides dans le Médoc (DR)

Épandage de pesticides dans le Médoc (DR)

Après l’échec du plan Ecophyto 2018, le ministre de l’agriculture a annoncé ce vendredi de nouvelles orientations pour « réduire et améliorer l’utilisation des phytos ». Invité des Matins de France Culture, Stéphane Le Foll se voit comme la « synthèse » des productivistes et des écologistes et veut donc s’adresser aux deux parties :

« L’agro-écologie ne peut pas être : si je fais de l’environnement, je ne fais pas d’économie. »

Pour que la France devienne l’avant-garde de l’agro-écologie, il défend alors l’utilisation du pacte de responsabilité pour baisser les coûts et mettre en avant l’image haut de gamme de l’agriculture française, avant d’ajouter :

« Il faut casser cette idée que quand on fait de l’environnement, on doit baisser sa production et faire de la décroissance. C’est faux ! »

Son plan, qui se décline en sept points, fait surtout réagir sur le volet « pesticides ». Né après le Grenelle de l’Environnement de 2008, le plan Ecophyto est un échec. Prévoyant une réduction de moitié de l’utilisation des pesticides d’ici 2018, le phénomène inverse a été constaté. Une hausse d’au moins 5% a été remarquée chaque année, atteignant même 9% en 2014. Les produits phytosanitaires ont été plus largement utilisés. Partant de cet échec, Stéphane Le Foll veut toujours réduire de moitié les pesticides, mais d’ici… 2025.

Ecophyto devient « éco-pipeau »

La Gironde est particulièrement concernée par la question puisque la vigne concentre 20% de l’utilisation des ces produits. Sur Facebook, Marie-Lys Bibeyran, militante médocaine déclarée anti-pesticides, s’insurge :

« Réduction de 50% des pesticides utilisés d’ici 2025, pourquoi pas en 2100 ? »

Même avis de l’association Génération Futures :

« Il n’est pas question de recommencer tous les dix ans ! »

L’organisation non-gouvernementale Greenpeace affirme que « réduire l’usage des pesticides, c’est bien. Changer de modèle agricole, c’est mieux ! » et ajoute que :

« Malgré ce report, les moyens ne sont pas à la hauteur des objectifs. »

Pour l’association Phytovictimes, le plan écophyto est renommé « éco-pipeau ». L’une de ses membres, Valérie Murat a expliqué pourquoi sur France 3 Aquitaine :

« En 2013, le ministère avait annoncé une réduction dans les médias, sauf que l’association Générations Futures a montré que leur chiffre n’était pas complet. C’est tronqué tout ça. Encore une fois, c’est une annonce et une mise en avant d’une vitrine politique. Comment le ministère compte aider les professionnels qui continuent de s’exposer, se mettent en danger tous les jours et qui mettent en danger peut-être les riverains ou les consommateurs au bout de la chaine ? Qu’est-ce qui est fait ? Comment on les aide à changer leur pratique ? »

Sur le site de L’Obs, le porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot est plus nuancé :

« Ce plan va dans le bon sens, mais il est encore insuffisant pour faire évoluer les pratiques. »

Pour juger de l’efficacité de son plan, Stéphane Le Foll a indiqué qu’un premier cap a été fixé : d’ici cinq, l’utilisation des pesticides devra déjà avoir baissé d’un quart.

L'AUTEUR
Xavier Ridon
Xavier Ridon
Rémois, devenu journaliste à Tours, installé à Bordeaux. Bref, file vers le Sud avec un micro et un stylo.

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