Sur quels quais danser à Bordeaux ?
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Sur quels quais danser à Bordeaux ?

actualisé le 17/07/2015 à 15h19

Environ une fois par mois, quelques danseurs de Tango investissent la colonne des Girondins (AD/Rue89 Bordeaux)

Environ une fois par mois, quelques danseurs de Tango investissent la colonne des Girondins (AD/Rue89 Bordeaux)

Tango, Country, Rumba, Cha Cha Cha… de plus en plus de Bordelais s’adonnent à la danse l’été venu. Le soir à la fraîche, certains espaces publics se transforment en piste de danse. Les danseurs profitent du cadre, et initient  les profanes.

À la tombée de la nuit, alors que les réverbères s’allument, la place des Quinconces n’est pas encore désertée. Une vingtaine de personnes dansent autour de la colonne des Girondins, alors que les quelques lumières mêlées à la brume des fontaines renvoient sur les dalles des ombres saccadées. Tous les quinze jours, les danseurs de  Tango Bordeaux se réunissent ici pour danser.

Quinconces, Jardin public ou Comptoir du Jazz, les lieux bordelais propices au Tango sont nombreux (AD/Rue89 Bordeaux)

Quinconces, Jardin public ou Comptoir du Jazz, les lieux bordelais propices au Tango sont nombreux (AD/Rue89 Bordeaux)

Danser pour sublimer Bordeaux

Suivant les sons de violons et bandonéons, ils se produisent en public, librement, dansant pour eux-mêmes. Leur volonté est aussi de profiter des plus beaux endroits de la ville.

« Notre but est aussi de sublimer des endroits insolites de Bordeaux, explique Jean-Pierre Roche, président de l’association Tango Bordeaux. La colonne des Girondins, mais aussi le Jardin public les premiers dimanches de chaque mois pour les journées piétonnes. »

Des Bordelais, mais aussi des touristes de passage, s’adonnent à leur passion ou satisfont leur curiosité. Emre vient de Turquie. De passage à Bordeaux, il est venu danser avec sa compagne.

« Nous avons simplement tapé “tango Bordeaux” sur internet, et nous étions heureux de voir qu’il y avait cette milonga, se réjouit Emre. Le cadre est magnifique, c’est très agréable de profiter de la ville de cette façon. »

Décomplexer le profane pour attirer de nouveaux danseurs

Le surlendemain, un peu plus loin, place de Munich, les pratiquants d’un cours de Capoeira profite des derniers rayons de soleil. Survêtement blanc, cordelette colorée ceinturée à la taille : la tenue est de rigueur. Le pied d’un danseur frôlant avec dextérité la tête de son partenaire donne immédiatement le ton. Danse ou art martial ? L’amalgame est rapidement fait tant les gestes sont précis, gracieux et à la fois puissants.

« Les esclaves du Brésil et des Antilles, pour qui la Capoeira était interdite, l’ont camouflé en danse pour pouvoir pratiquer, explique Vara, président de l’association Aruanda. C’est pour cela qu’il existe encore une confusion, le leurre est persistant. »

Entre danse et art martial, la Capoeira est directement liée à l'histoire de l'esclavage (AD/Rue89 Bordeaux)

Entre danse et art martial, la Capoeira est directement liée à l’histoire de l’esclavage (AD/Rue89 Bordeaux)

Le beau temps et l’espace disponible sur les quais auront eu raison de la salle d’entrainement habituelle. Alignés face à face pour ne blesser personne, les danseurs/combattants enchainent les coups de pied et esquives sans jamais se toucher. Le but est aussi d’attirer les curieux, pas question donc de blesser quelqu’un !

« En venant ici, les gens nous voient, et ça permet d’attirer des futurs capoeiristes. Les curieux sont les bienvenus à nos entrainements. Et puis c’est une façon de faire vivre les quais de manière dynamique, en pratiquant tous ensemble », ajoute Vara, avant de retourner s’échauffer.

Rassembler les adeptes isolés

Mercredi, c’est Country. Peu répandue en France, la danse des cowboys trouve pourtant ses adeptes dans la région, et c’est elle qui inaugure l’édition 2015 de « Dansons sur les quais ». Santiags, chapeau made in Far West, chemise pour les hommes, haut à franges pour les femmes, on vient équipé.

« C’est bien de pouvoir retrouver d’autres danseurs à un même endroit, cela permet de retrouver des amis, de découvrir de nouveaux pas aussi. Et puis le cadre est agréable. Danser comme ça à l’air libre, même si ce n’est pas l’endroit de prédilection pour la Country, ça change », se réjouit Dany, venu exprès de Saint-Médard.

    Même si l'on est en ligne, il est préférable de ne pas venir danser la Country seul (AD/Rue89 Bordeaux)

Même si l’on est en ligne, il est préférable de ne pas venir danser la Country seul (AD/Rue89 Bordeaux)

Alors que les danseurs arrivent progressivement par groupe ou par deux, tout le monde est d’humeur joviale et affiche un sourire. La country a en effet pour valeurs respect et convivialité. Différente des danses plus « classiques » car se pratiquant en ligne, elle attire beaucoup les femmes.

« Les femmes peuvent danser sans être embêtées, si vous voyez ce que je veux dire. Ce qui n’empêche pas quelques bisbilles de temps en temps, des couples se font et se défont sur une piste de danse, comme partout ! », explique malicieusement Marcelle, 83 ans et danseuse depuis 5 ans.

Il n’y a pas d’âge pour prendre son pied.

Dansons sur les quais, mode d’emploi

Du 15 juillet au 16 août, les quais de Bordeaux accueillent la douzième édition de « Dansons sur les Quais ». Danseurs de Tango, mais aussi de Rumba, Cha Cha Cha, Bachata, Rock, Swing et autres seront là pour initier le public. Débutants, curieux ou professionnels sont les bienvenus. Des professeurs dispenseront des initiations, des projections seront également organisées ainsi que pleins d’autres activités autour de la danse. Tout le programme à consulter ici.

L'AUTEUR
Adrien Develay
Adrien Develay
Étudiant en journalisme passionné de radio et des thématiques latino-américaines

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