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A l’auditorium, le pianiste Chilly Gonzales monte en gamme

Chilly Gonzales était à l’auditorium de Bordeaux ce samedi soir pour une date unique dans la région bordelaise. Fidèle à sa réputation, il a alterné pitrerie et virtuosité pour le bonheur d’un public aux anges.

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A l’auditorium, le pianiste Chilly Gonzales monte en gamme

Après le Zoobizarre en 2000, la Base sous-marine en 2002, le Capc en 2005, Le Carré-Les Colonnes en 2013, revoilà Chilly Gonzales en terre bordelaise. En 2015, le cancre pianiste monte en gamme et pose son Steinway à l’auditorium de Bordeaux.

Une consécration ? Oui. Si le lieu en a vu d’autres, le pianiste roublard ne s’est pas privé pour marquer l’auditorium de sa patte en pantoufle et sa dégaine en robe de chambre. Reste au temple bordelais de la musique chiadée à expliquer pourquoi les prix des places allaient de 8 à 55 € alors que le placement était libre.

Un public de fidèles

Sur la route d’une tournée pour la promotion de son dernier album, « Chambers », Chilly Gonzales, de son vrai nom Jason Charles Beck, est accompagné du Kaiser Quartet de Hambourg – « un bon quatuor de fabrication allemande » dixit le pianiste – et de Joe Flory aux percussions.

A guichet fermé, le Canadien et ses cousins germaniques déroulent magistralement leur répertoire avec une insolence dorénavant reconnue comme la marque de fabrique du détenteur du record mondial du plus long concert de l’histoire avec 27 heures 03 minutes et 44 secondes. Le public est acquis à sa cause et nombreux sont ceux qui ont assisté à plusieurs de ses passages à Bordeaux.

Chilly Gonzales, Steinway and sons (Nonameplayer)
Chilly Gonzales, Steinway and sons (Nonameplayer)

Le scénario est relativement au point. Chilly Gonzales sait faire rire et le public est prêt à le faire, parfois même en avance sur la pitrerie de l’artiste. C’est sans doute ce qui vaut à l’assemblée les compliments du compositeur allant jusqu’à qualifier les Bordelais d’ « un des meilleurs publics ».

Le numéro des arpèges avec « In the Mood » de Glenn Miller pour exemple fait toujours son petit effet, tout comme pianoter le cadre en bois du piano arrivé au bout des gammes. Content de revoir ça, le public applaudit et ovationne, parfois debout, les performances du « génie autoproclamé« . Le registre comprenait notamment de nouvelles leçons de piano, toujours enclines à l’autodérision.

Deux heures et trois rappels

Entre le rancunier « The Grudge » (extrait de son album « Ivory Tower », 2010), en passant par le sympathique « White Keys » (« Solo Piano II », 2012), Chilly Gonzales fait la part belle à son dernier opus. « Chambers » est une ode à la musique de chambre salée autant que le pop corn, qui mêle boucles entêtantes à la Steve Reich et cadences de générique de série américaine policière des années 80.

De cette dernière galette, défilent alors « Advantage Points », l’hommage improbable à John McEnroe (si, si, cherchez bien), le tube obsédant « Green’s Leaves », mais aussi le fantaisiste « Sample This » qui aère la musique de chambre.

Avec presque deux heures et trois rappels, le concert n’omet pas de rendre hommage à BforBank, à Alain Souchon avec la reprise de « Foule sentimentale » (eh ben oui) et une version subliminale de La Marseillaise comme un écho à l’actualité.


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